29 mai 2007
Je suis une opossum déguisée
"c'est vrai, Maman, que la fumée qui sort des cheminée d'une centrale, c'est pour qu'elle n'explose pas ?
- ah et tu sais ça comment toi ?
- C'est Caillou qui me l'a dit quand on est allé à la cité de l'espace à Toulouse..."
Ce doit être vrai. Beaucoup d'eau pour éteindre le feu incontrôlable et des énormes tuyaux béants pour dégobiller de la vapeur blanche, épaisse, et nocive.
De celles-ci, rien ne s'évadait. Les braises ne devaient plus couver et elles avaient juste l'air de péronnelles insouciantes qui bravent la capitale.
Moi, je les ai regardées et capturées dans mon objectif. Et j'ai préféré imaginer un immense orgue au son de terre cuite fêlée...
Ce soir, j'aimerai presque les voir bouger, il fait si froid dans ce mois de mai-octobre-coloré-verdoyant.
Du coup, tout le monde est maussade et on n'ose même pas se jeter dans les bras l'un de l'autre de peur de trop sentir les doigts glacés, le bout du nez trempé, le soupir trop voyant.
Tout à l'heure, j'ai écrit des phrases effrayante à une amie, qui se terminaient toujours par la même rengaine :
"... du coup, je fais la morte...", sorte de liste exhaustive des soucis quotidiens qui viennent alourdir le bien-être pour le transformer en mal-être. Travail, famille, finance, enfants, amis, amour, chacun dans le même chapitre : "... et je fais la morte..."
Faudrait p't-être pas qu'à force de faire semblant je le devienne vraiment.
Pfffouuu ! Aucun risque ! J'aurai toujours Camille et Tom qui me diront : "t'es comme Jojo, attends que l'ours mal léché pointe son museau et tu mangeras ta tarte à la punaise"...
Hum, oui...
Ce doit être ça.
N'empêche... Il fait tellement froid ce soir, que j'en ai les pieds glacés. J'ai mis les chaussettes de montagne, j'ai entouré mon chat autour des chevilles, fait des noeuds autour de la taille de toutes les couvertures polaires et j'ai juste les bouts de doigts qui sortent pour taper sur le clavier de l'ordi.
Je vais encore me persuader que ma nuit sera complète et ne me réveillera pas aux aurores pour me piquer de toutes les questions existentielles du monde.
De toute façon, demain, c'est mercredi, jour des raviolis. Je n'ai plus un centime en banque mais j'irai acheter :
des stylos verts pour Tom avec 25 tubes de colle blanche,
4 boites de ravioli,
du beurre (on s'est trompé l'autre jour, on en a pris du salé et les enfants aiment moyen).
Et c'est tout.
C'est tout.
Puisque c'est le "je.u"
Jouer sur un grand piano noir... Relever un peu le siège et caresser les touches noires et blanches. Ecouter le son... Il est doux, velouté mais aussi percutant, dans le grand salon, mêlé à l'archer qui trouve sa justesse, rythmé par une voix qui donne le tempo.
C'est un autre temps, c'était mon présent d'il y a quelques heures, évadée là où j'aime le plus.
Et puis j'ai retrouvé mes trésors. L'un d'entre eux avait joué les jardiniers et très consciencieusement avait replanté quelques boutures.
Demain, nous ferons en sorte que notre tigre ne se pique pas le museau et nous regarderons quelques tiges porter leurs fleurs et construire notre jardin. Nous avons déjà du rose, du blanc, du jaune et du saumon...
Et devant, les arbres qui voguent au gré du vent qui a été si fort ces dernières heures.
J'hésite encore. Y croire ou non, prendre la vérité que l'on expose, jouer le jeu et faire comme si, saisir plutôt que perdre, continuer et ne pas écouter les fausses notes. Après tout, c'est "je" qui me concerne.
On ne peut forcer personne à vous aimer. On ne peut faire désaimer personne qui ne vous aime. On peut aimer ce qui ne nous aime pas. On peut aimer que l'on ne nous aime pas.
Que tout cela est bien compliqué et c'est bien pour cela qu'il est amusant de l'y écrire dans un blog ! Après un peu de sommeil, j'aurai déjà oublié ce que j'ai écrit.
Et si des bras s'entrouvent pour moi, ils ne verront que ce que je suis sur le moment. Et oublieront tout aussi sûrement le lendemain.
On n'est pas grand chose ou complètement tout.
25 mai 2007
Blogosphère...
En lisant "Wikipédia", je m'imprègne à nouveau de la définition d'un blog...
Car j'en aurais presque douté ces dernières heures...
Enfin, on est bien d'accord, un blog est une sorte de journal intime porté sur le net, enrichi parfois de liens hypertextes, et sur lequel chaque lecteur peut y apporter un commentaire.
"... Bien que la plupart des bloggeurs hésitent à donner une définition claire de leurs intentions, la majorité des blogs s'utilisent à des fins d'autoreprésentation, et la plupart se forme autour des affects et des idées propres à leur(s) auteur(s). C'est pour cette raison que la presse et l'opinion populaire sont parfois amenés à fustiger l'égocentrisme des blogs..."
Je viens de traverser 15 jours intenses, de désillusion, de déception, d'élan à nouveau pris, de décision marquée et qui vont enfin me mener quelque part.
Je ne suis malheureuse de rien et j'assume mes choix et mes convictions.
Je trouve navrant de ne pouvoir trouver de terrain d'entente, surtout avec des proches qui devraient l'être réellement.
Mon amie de Tahiti m'a un jour dit : les amis sont la famille que l'on choisit !
Et je sais qu'au terme des directions que j'ai prise, mes amis seront là, ma famille aussi donc ! Elle ne sera pas celle à laquelle j'ai crue enfant, elle sera la réalité du présent.
Quelques kilomètres suffisent à générer des univers entiers !
Je suis bien contente finalement d'être là où je suis.
Ne serait-ce que par la voix rieuse ce soir d'un ami qui a eu le courage de m'appeler et me dire que je charriais vraiment à jouer les "besoin de personne en Harley Davidson !" et de ne pas lui avoir fait signe de vie depuis si longtemps ! Mais que veux-tu Petit Prince, la brindille d'herbe que tu tenais dans ta bouche de casanova de 16 ans est restée immortalisée sur une photo du parc où nous allions nous promener, mais qui d'autres que nous s'en rappelle !
En tout cas, ce soir, je n'ai pas bien travaillé : je n'ai pas regardé la nouvelle star et je ne sais donc pas qui s'est fait éliminé par un public averti... D'ailleurs, je n'ai même pas mis en url ces fameux résultats !
J'ai vraiment du fromage blanc dans la tête ?! Sûrement mais du 45 % de matière grasse avec des fraises pour colorer le tout.
Tout cela est risible et consternant à la fois. Le présent, ce sont des secondes qui s'entrechoquent et nous font exister.
Je vais dormir ce soir d'un sommeil de plomb parce que mon week-end sera succulent. C'est tout ce qui compte.
22 mai 2007
La coulée verte
Ces derniers temps, je ne suis pas venue.
Mais alors vraiment pas !
Allez, j'ai du poster trois articles depuis le début de l'année et on s'achemine déjà fin mai.
De temps à autre, je reçois des commentaires et je constate que mon blog n'est pas si moribond ! Normal : je suis bien en vie moi-même, pourquoi mourrait-il ?
Merci Richard de m'avoir fait ce petit signe ! Car somme toute, cela me démangeait depuis une paire de jours de re-pointer mon museau dans ce monde-ci !
Date anniversaire et symbolique...
Je faisais quoi en mai 2006 ? Je préparais ce nouveau blog, la trouille au bide, avançant tête baissée, en puisant ma force dans mon monde intérieur pour me battre dans le bon combat. Le résultat a été tout à fait probant : j'ai rempilé plusieurs mois de galère de santé. Et puis l'hiver a fait son travail : mettre sous terre l'inutile pour que les bourgeons du printemps soient encore plus colorés qu'avant.
Je faisais quoi en mai 2005 ? Je chantais... Je ne réfléchissais pas et heureusement. Je sortais de ma chrysalide pour m'apprêter à m'envoler.
Immense clin d'oeil alors à ceux qui m'ont suivie pas à pas, en distance ou en proche pour que je garde l'insouciance de mes choix et que j'affronte ma réalité qui est maintenant une richesse inestimable.
Je vais reprendre ici mes écrits.
Peu importe qui me lit ! Il y a mes proches, ma famille, "ceusses" que je n'ai jamais eu le plaisir de voir de visu vraiment, ceux qui sont inconnus et qui me lisent parfois ou par inadvertance, ceux qui ce sont invités, pensant ainsi puiser dans mes mots l'origine de leur fiel incessant. Mais ceci (ceux-ci) est(sont) de peu d'importance.
J'ai pris cette photo un jeudi du mois d'avril. Nous en étions déjà au 2ème retour du bout de la coulée verte. Journée magique, commencée très tôt : départ 7 h 55 de l'Aigle, arrivée à Paris Montparnasse à 9 h et des poussières, plongée dans le métro, direction "j'sais déjà pû...", remontée de la rue d'Aligre, arrêt pour acheter des fraises (comme il était bon le melon que l'on nous a fait gouter : il venait de Guadeloupe).
C'est Ouria qui nous a accueilli ! Elle nous attendait pour partir dans sa première promenade avec Sacha. Bibi était sur le canapé, silencieuse, immobile, scrutant nos réactions. La veille, Papi avait montré les photos de sa trombine à Camille et Tom qui étaient un peu inquiets. A J60 de son traitement, Gaby n'a plus de cheveux. Et évidemment, le regard de l'autre est effrayant, quand on a que 5 ans...
Ah, faudrait peut-être que je m'expliquasse un peu plus...
Pour résumer, Gabrielle, en février 2007, un samedi matin pour être précis, n'a plus réussi à marcher. C'était la deuxième fois en deux mois que ses articulations la faisaient tant souffrir. Au terme d'une semaine de recherche, le diagnostic de leucémie est tombé. Et le traitement a commencé.
C'était important pour les enfants comme pour moi, de pouvoir la voir, la toucher, la dorloter, s'amuser avec elle, lui apporter de la vie. On a vite compris qu'elle était une sacrée championne en la matière et que son moteur était parfait et plein d'entrain.
Passée la première gêne, les rires ont fusé et on a passé une journée superbe. D'ailleurs, le soleil était au rendez-vous et sur cette coulée verte, au beau milieu de Paris, on était dans un autre univers.
Le soir, on s'est trompé de direction en prenant le RER et du coup, on est arrivé totalement en retard au rendez-vous avec ma soeur ! Pour une fois, c'était moi !
Alors évidemment, les tracas du travail, les potins des voisines, les états d'âmes des exs, ne sont rien au regard de tout cela.
Je prends juste maintenant le présent, comme un présent, sans rien espérer de demain, car l'espoir c'est l'attente, la projection dans quelque chose d'imaginaire qui ne viendra forcément pas comme on l'aurait voulu.
Je prends mon temps d'être avec moi, simple et seule, multi-facettes ou "barjoteuse professionnelle".
Je prends la vie dans son excellence parce que mon exigence envers moi-même, mon honnêteté avec ma conscience me mènent toutes deux vers le haut.
C'en est fini des bas étages et du rabaissement de mon estime. Je vaux bien plus que ça, ne serait-ce que dans les yeux de ceux qui m'aiment.
Il m'aura fallu presque quatre décennies pour enfin m'écouter jouer du piano...