Ruisseau de vie

Le souvenir est création...

24 octobre 2008

Les piliers...

Petit à petit, ils se reconstruisent.

Le premier déjà est celui du travail. Et mine de rien, ça n’est pas rien. Car on y passe un temps considérable, au travail et quoi qu’il arrive, il doit tout de même être source d’épanouissement.

Alors de ce côté-là, on peut dire que les choses se posent. Je tire enseignement de ces mois passés, je redémarre bientôt dans un tout autre univers, sans attente particulière, sans investissement irraisonné, juste la valeur de mes compétences et celles qui justifient mon salaire à la fin du mois.

Je me souviens qu’en juin, au cœur même de la tourmente, une voix m’avait dit : « prends le temps de parler et de mettre tout à plat. Une fois, le pan du travail réglé, tout le reste va s’éclaircir, la famille, ta nouvelle relation, tout va se mettre en place. »

Et c’est tellement vrai.

Je sais que je viens de relever l’un des premiers piliers de ma vie : le versant professionnel.

Et effectivement, tout le reste suit et en découle.

Je reviens à mes valeurs, que je n’avais pas franchement quittées, mais surtout je ne me sens plus en danger lorsque j’en rencontre d’autres. Je conserve les miennes et elles ne sont pas dérobées par la volonté d’autrui.

Alors, je continue : je hais le mensonge, la dissimulation, la fourberie, l’arnaque et la fausseté. Je n’ai plus peur de mettre la barre dans cette hauteur. Je ne suis ni juge ni partie, je me protège et je prends soin de moi.

Je n’ai pas de temps à perdre ou à dépenser sans compter pour composer avec la gaminerie. J’en perds certainement mon insouciance, j’en deviens plus adulte mais et ce mais est d’importance, je prends mon équilibre.

Je suis dans le lâcher prise. Je n’ai aucun pouvoir sur quiconque à part moi-même. Je ne suis pas non plus une justicière des temps révolus.

Je suis une femme de 42 ans, qui prend le courage à deux mains de vivre, de m’épanouir, d’accepter ce qui est mon existence.

Comme toute peinture, il y a les coins et les ressacs, les ombres et les infinis, peu importe : le tout trouve son harmonie dans le mouvement, car rien est immuable à part l’interdit de se faire du mal à soi-même au point d’en vouloir arrêter de vivre.

 

C’est bon de sentir en moi mon élan revenu. Il est différent, plus prudent, plus réservé. Du coup, plus réaliste.

 

Comme déjà écrit :

Je suis utile à ceux qui m’aiment, inutile à ceux qui ne me voient pas.

 

J’accepte de me regarder, sous toutes mes facettes…

Posté par bergag à 15:44 - Commentaires [2] - Permalien [#]


21 octobre 2008

Baromètre et espace-temps

MACARONS

Et sans prévenir, ça arrive, ça vient de loin,

Ca s’est promené de rive en rive,

De rive en coin,

Et puis un matin au réveil,

C’est presque rien,

Mais c’est là, ça vous émerveille,

Aux creux des reins…

Barbara


 

Et qu’est-ce que c’est bien de pouvoir fredonner cette chanson, en sentant qu’au fond de soi, c’est enfin là !

 

Je me dépêche d’écrire ce que je ressens, car à cette vitesse là, dans quelques heures, j’aurai basculé dans l’oubli.

Toutes ces heures, à compter les secondes, en cherchant le comment vivre et même pas le pourquoi…

Tous ces matins, à se réveiller sans élan, à faire comme un automate, programmer les journées, les minutes suivantes, avec des fiches autocollantes.

Mais pour en arriver là, accepter de n’être plus, d’être presque anéantie, garder confiance dans quelques voix, celles des amis vrais, s’accrocher aux regards aimants qui savent que bientôt le gouffre ne sera plus.

Aller de l’avant même si la tôle raye la carcasse, broie la personne.

Quel jeu terrifiant ! Impossible d’arrêter la partie, obligé de trouver les solutions, interdit de démissionner.

 

Heureusement, au milieu de cette boue, je ne suis pas allée jusqu’à l’extrémité de la disparition et c’est cela qui m’a fait garder conscience.

 

Mettre au monde : il y a neuf mois, mais aussi tout l’avant, l’élaboration, l’idée du réel.

Pour moi, trois ans en tout avec le délai de gestation. J’ai bien cru un moment que la naissance avait délivré un mort né.

Non, je suis vivante, moi, mes trésors immuables et mon amour de la vie.

 

C’est comme au lendemain d’un incendie ravageur. Il reste les fondations, la cendre fume encore, mais tout est possible.

Une fois le deuil accompli, c’est son énergie qui redonne la direction.

 

Et pour reprendre des mots lus à cet instant sur un autre blog : c’est comme être en haut d’un col de montagne, on est heureux de l’avoir grimpé, on ne recommencerait pour rien au monde tout de suite et il est étrange est magique que le souvenir de toutes ces souffrances soient aussi légères qu’un coup de baguette magique.

 

 

Distorsion de la sensation du temps qui est…

Posté par bergag à 14:32 - Commentaires [1] - Permalien [#]

14 octobre 2008

Ne plus pouvoir écrire...

tulipes

Plus de deux mois que je ne suis pas venue ici et c’est un commentaire ami qui vient me chercher là où je suis.

Ici, là… Depuis toutes ces semaines, j’ai dévalée la pente et j’avais beau accrocher mes doigts aux rochers, tous ont fini de laminer mon âme.

Alors, maintenant, je me redresse, c’est vrai. Mais c’est dans un piteux état, honteuse et humiliée, avec un ego fracassé.

J’m’attendais pas à ça…

Je n’avais pas regardé toutes ces années de conquêtes vaines, de quêtes sans fin, avec toute cette incompréhension de moi-même, ce sentiment sans cesse renouvelé de n’être pas entendu et de ne pas savoir me montrer.

De l’ombre en fait, beaucoup de sombre, comme cette phrase maternelle fièrement répétée : « c’est une enfant si sage, tellement, qu’on peut la laisser seule et on peut l’oublier ».

L’oubli… Pour ne pas m’oublier moi-même, je me suis réfugiée dans l’écrit, celui-là même qui laisse une trace et forge la mémoire en un outil aiguisé, lancinant, ne se désarmant jamais de l’hier…

J’ai senti le fond du gouffre quand je ne me suis rappelée de moi…

Quelle terreur alors de ne même plus savoir comment affronter l’instant d’après. Lutter chaque minute qui passe contre la brûlante angoisse qui s’infiltre dans tout le corps, respirer pour me dire, je suis en vie, toujours, récupérer ça et là les fracas de mes trésors enfouis pour essayer de réapprendre cette vie qui n’a plus d’élan.

 

Je ne suis pas encore revenue, mais je sens que matin après matin, la douleur de croire que je n’existe plus s’estompe.

C’est amusant pourtant, car j’ai toujours aimé sauter dans le vide, sans mesurer les risques.

Alors je me demande pourquoi depuis des semaines, je reste ainsi, tétanisée, comme anéantie.

 

Je m’accroche et je me dis aussi que je ne pleure presque plus…

Posté par bergag à 11:12 - Commentaires [2] - Permalien [#]
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