29 novembre 2008
Les petits plaisirs de ma vie, ce jour-ci…
Aussi parce que je me réveille et que je vais me rendormir.
Parce que j'ai un bien être en moi qui monte enfin et remonte, prend place, m'habite, me dirige, me consolide, me redonne à moi…
Parce que cela fait bien longtemps que je n'ai pas écrit ici et que j'ai envie là, de me raconter, comme j'aime.
Donc…
Ma journée : dense, remplie, belle, existante, me faisant espérer demain.
Après avoir posé tous les enfants, je dis bien tous, les miens, celui de mon autre qui lui s'écarte mais laisse son fils nous rejoindre, et donc après avoir passé du temps devant l'école avec Tom, avant qu'il aille à l'école, nous permettant d'avoir un moment tout particulier ensemble, sans qu'il aille à la garderie, et cela c'est vraiment un plaisir de ma vie de maintenant, je suis rentrée chez moi pour finir de me faire belle et pour aller au travail.
J'ai eu le temps de regarder mes mails et d'apprendre qu'au Val de Grâce, quelqu'un ce jour sera heureux d'entendre de ma voix, pour cause d'hospitalisation. Vite, j'enregistre le numéro pour l'appeler entre midi et deux. Puis, je pars cinq minutes avant neuf heure, car mon nouveau travail est au bout de la rue (et un plaisir ! un plaisir de plus !!!!).
Je traverse la voie du tram, je grimpe les escaliers, j'ai chaud dans le manteau qui me va si bien, qui m'a été donné par mon amie précieuse, et je monte les escaliers.
Devant mon ordinateur, je rassemble tous les moments précieux.
Et je regarde : mon arrivée à l'école, avec le salut au personnel, la joie dans ma voie de répondre sincèrement au bonjour comment vas-tu "bien, et encore mieux car ce soir, c'est vendredi, le week-end".
Je m'installe à mon bureau, prends connaissance des messages vocaux, repars dans la tâche de la veille (le compte rendu d'une réunion de mai à laquelle je n'ai pas assistée et qui me plonge parfaitement dans le fonctionnement de ce nouveau job, avec juste mon analyse et ma capacité à comprendre le terrain…)
11H20 : Première satisfaction, j'ai fini ce fameux compte rendu et nous allons manger. Discussion autour de mes enfants, et des partages que j'ai avec eux. Je parle de ma passion pour les mangas pour être avec eux dans leur plaisir et mieux comprendre leur cheminement.
A midi, j'appelle le Val de Grâce. Au bout du fil, c'est la surprise totale, et donc le plaisir tout simple. Ensuite, les remerciements de la personne qui m'a prévenue et qui est heureuse sincèrement que j'ai passé ce coup de fil : normal, ils ont été là lorsque j'avais besoin d'eux, c'est donc naturel de répondre à leur demande. Je suis dehors, le soleil est éclatant et j'acquiesce quand on me dit : " le soleil va revenir dans ta vie maintenant, Agnès, c'est à ton tour".
Et c'est mon tour.
Je passe l'après-midi à fignoler des tableurs, à en extraire des données pour les utiliser comme le souhaite la directrice. Le ciel s'est couvert de nuage et j'espère un instant que le froid du matin va se maintenir, et s'il neigeait, comme l'avaient imaginé les enfants ce matin dans la voiture… J'observe mon baromètre intérieur : non, pas d'excitation particulière, ce n'est pas aujourd'hui que les flocons vont s'accumuler sur le sol. J'en ai la confirmation en quittant l'école : il fait bien plus doux que ce matin, s'il l'eau s'enfuit du ciel, elle s'étendra en flaque et non en nappe blanche. Dommage, mais si on attend un peu, peut-être que l'hiver d'ici nous proposera son manteau blanc, même si à Bordeaux, le climat ne s'y prête pas vraiment…
Un autre plaisir : celui de voir sortir Tom de l'école, avec sa capuche sur la tête, emmitouflé dans son anorak, heureux de sa journée, des tonnes de bonnes notes dans son cartable, avec l'envie de me câliner parce que l'on sait tous les deux que c'est le w-e et que l'on ne va pas manger de la baleine, mais bien profiter de notre temps à nous.
Au collège, les deux grands discutent ensemble, nous rejoignent avec le sourire et dans la voiture, on blague à tout va. On raconte notre journée, on rigole de ses aléas, on imagine déjà les journées pyjamas à se reposer de notre semaine : moi, je l'annonce tout de go : je rentre et je vais sous la couette, j'ai les neurones liquéfiés, bons à rien et je vais dormirpour récupérer.
Bien sûr, ce n'est pas tout à fait ainsi que cela se passe.
On commence par regarder notre manga préféré, puis on mange des chinoiseries croustillantes et délicieuses, on laisse toute la vaisselle comme ça dans la cuisine, on aura le temps demain de tout ranger.
On s'installe devant la série du vendredi soir. Et là, je capitule. J'annonce aux enfants que je vais cette fois-ci vraiment me mettre dans mon lit. Je m'enfonce dans la douceur de ma couche et je m'endors sur le champ.
Quand Tom vient m'embrasser, et que j'aperçois la lumière du couloir, Camille dressée devant la porte, je ne comprends pas pourquoi les enfants me réveillent : c'est pourtant samedi, on n'a pas à se lever maintenant !!! J'imagine qu'ils m'attendent depuis longtemps puis ma Chérie se jette sur moi, toute remplie d'excuses : "mais non Maman, n'ai pas peur, il est juste 23 h, on va se coucher, on a encore tout le temps".
Alors je me lève, je les embrasse au fond de leur lit, après qu'ils aient fait toilette du chat, lavage de dents, rigolade du coucher, et je me pose ici, devant ma machine et j'écris cette journée, sans rien de particulier, mais avec cet intérêt immense pour moi de s'inscrire avec toutes celles que j'enchaîne pour ma vie, mon existence, ma reconstruction, mon équilibre qui vient enfin.
Je n'ai plus peur du chemin que je traverse, de sa longueur et de ses péripéties.
Je me réjouis de mes menus plaisirs.
Je prends la mesure de mon bonheur, qui reste l'instrument le mieux adapter pour vivre et avancer.
Je suis en vie.
02 novembre 2008
Accepter de perdre beaucoup pour gagner peu...
Oui... J’aime ce que je vois.
Parce que je me regarde vraiment.
Pourtant, le tableau est peu rassurant pour mon entourage. Je ne sais plus rien faire seule. Tout évènement me terrorise, me fait verser des tonnes de larmes. Mais j’accepte.
Toutes ces guerres m’ont usée. Parce qu’elles n’étaient pas miennes.
J’ai appris à remonter à la source de tout souci, prévenir plutôt que guérir. J’ai cru que l’on pouvait préserver les autres, les protéger et j’ai donné tout mon cœur et mon âme pour aider, compenser, organiser, faire grandir, éduquer, aimer aussi…
Mais au bout du compte : ma famille est loin depuis des années et on ne se connaît plus. Ca n’a pas d’importance puisque les liens sont toujours là. Alors, je fais partir toute trace de rancœur, je lâche prise au final.
Mon divorce est presque terminé, après trois ans de lutte insensée… Mais en fait, non, je ne sais toujours rien, je reste l’instrument d’un autre qui lui n’accepte pas, ne lâche pas prise, ne me laisse pas tranquille.
Je reprends demain le boulot, dans un autre univers, et ce sera certainement le chemin de la guérison, reprendre contact avec une vie sociale, travailler pour "gagner ma vie".
Les mouvements de mon cœur : il y a des histoires qui ne sont pas les miennes et à ce jour, quand je sens que quelque chose est compliqué, je suis incapable de le gérer. J’ai besoin d’une épaule solide, parce qu’à ce jour, je suis vulnérable, j’ai peur de tout jusqu’à mon ombre. Alors je ne peux jouer un rôle, je ne peux que prendre la place que l’on me donne ou m’en aller si elle ne se fait pas.
Je choisis de ne plus chercher ces ressources épuisantes qui m’éloignent de mes vraies valeurs.
Les jours et semaines qui viennent seront encore très désagréables pour moi, car c’est un très grand chantier que j’entreprends. Celui de me rééquilibrer et de cesser de me maltraiter.
Mais je veux pouvoir accueillir mes enfants, une semaine sur deux, avec un sourire serein et certainement plus cette fatigue constante qui m’accable depuis cet été. C’est ainsi que je vais "gagner ma vie".
En prenant du recul.
En me protégeant.
En me soignant.
Le plus difficile est d’échapper à cette haine et cette violence que je sens de toute part autour de moi. Non, je ne suis pas parano, juste à peine et comme tout le monde. J’ai certainement des valeurs intimes qui sont très hautes.
Etre honnête et sincère : vous ne pouvez vous imaginer comme le prix est élevé…
Et ma générosité restera intacte et c’est elle qui me donnera mon bonheur personnel.
Je continuerai encore…