Ruisseau de vie

Le souvenir est création...

02 décembre 2008

Darling...

C'te claque !!!

Je vais avoir les yeux tout gonflés demain, mais y'a rien à y faire : je pleure comme une madeleine, depuis la fin du film.

 

Je m'étais dis en regardant le programme sur internet que ce film m'intéresserait sûrement, je me suis dépêchée d'accrocher le linge propre, de me faire un peu de cuisine avec trois fois rien dans mon placard et je me suis installée devant la télé.

 

J'ai gobé le film de A jusqu'à Z, me retenant même d'aller aux pipi-room.

Et je ne me rappelle plus ce qui a déclenché cette avalanche de larmes…

 

J'ai pensé qu'il fallait que j'écrive tout cela, parce qu'au milieu de mes sanglots, il y a toute cette liberté qui m'envahit instant après instant, toute cette légèreté de l'être, car après avoir tout lâché, il semble que le fil de la vie s'épaississe et devienne réel.

 

J'ai imaginé écrire à une personne chère, très chère. Je n'ai pas voulu décrocher mon téléphone… Bien que je sache que ceux à qui je pensais auraient répondu présent. Mais pour entendre quoi ? Une Agnès pleurant de vie ? Consciente de la radiographie de son existence réelle ?

 

Alors c'est vrai que j'ai pensé tout simplement à mon Amie. Celle qui est venue me rendre visite à mon travail ce matin. Et j'ai fait tout comme…

Tant de fois, elle m'a écouté, soutenue, poussée… Des soirées rigolades à refaire le monde, aux nuits les plus profondes dans les doutes de ne pas y arriver, elle a cru, répondu, tendu des perches inavouables, effleuré des alliances que rien ne peut décrire, et sous son regard bienveillant, j'ai avancé, exprimé ce que j'ai de meilleur et de pire en moi… Peut-être suis-je aussi son vecteur d'un impossible possible à vivre par moi…

 

Les chaînes que j'ai effacées, sont celles qui m'ont faite instrument de l'autre, dans son amour, sa tyrannie, sa possessivité, son ignorance, son mépris, sa reconnaissance, son éblouissement, son interrogation, son détachement…

 

Maintenant, je me positionne.

Je n'attends rien de l'autre.

Je savoure mon présent.

 

Peut-être que demain, je serai bien moins intéressante qu'une jolie de 25 ans qui a tout de la jeunesse, mais je serai aussi encore dans la course pour voir tranquillement les hommes se faner à espérer que les femmes soient si haut, mais la position n'a pas d'importance, c'est notre centre de gravité qui équilibre tout cela.

 

Je crois que je ne connais pas encore la main qui prendra la mienne pour aller sur un même chemin.

Mais cela a peu d'importance.

Elle est peut-être là, ou encore inconnue de mon vrai décor.

 

Je sais simplement que je ne veux pas être dans la vie d'un autre, plus ou moins. Et je ne veux dépendre de cet autre, plus ou moins.

 

J'aime la liberté de l'autre, de moi.

Seule, c'est un travail.

A deux, c'est un exploit.

 

Je suis simple… Si simple.

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29 novembre 2008

Les petits plaisirs de ma vie, ce jour-ci…

GOURMANDISES

Comme ça, pêle-mêle, ma journée en vrac.

Aussi parce que je me réveille et que je vais me rendormir.

Parce que j'ai un bien être en moi qui monte enfin et remonte, prend place, m'habite, me dirige, me consolide, me redonne à moi…

Parce que cela fait bien longtemps que je n'ai pas écrit ici et que j'ai envie là, de me raconter, comme j'aime.

Donc…

Ma journée : dense, remplie, belle, existante, me faisant espérer demain.

Après avoir posé tous les enfants, je dis bien tous, les miens, celui de mon autre qui lui s'écarte mais laisse son fils nous rejoindre, et donc après avoir passé du temps devant l'école avec Tom, avant qu'il aille à l'école, nous permettant d'avoir un moment tout particulier ensemble, sans qu'il aille à la garderie, et cela c'est vraiment un plaisir de ma vie de maintenant, je suis rentrée chez moi pour finir de me faire belle et pour aller au travail.

J'ai eu le temps de regarder mes mails et d'apprendre qu'au Val de Grâce, quelqu'un ce jour sera heureux d'entendre de ma voix, pour cause d'hospitalisation. Vite, j'enregistre le numéro pour l'appeler entre midi et deux. Puis, je pars cinq minutes avant neuf heure, car mon nouveau travail est au bout de la rue (et un plaisir ! un plaisir de plus !!!!).

Je traverse la voie du tram, je grimpe les escaliers, j'ai chaud dans le manteau qui me va si bien, qui m'a été donné par mon amie précieuse, et je monte les escaliers.

Devant mon ordinateur, je rassemble tous les moments précieux.

Et je regarde : mon arrivée à l'école, avec le salut au personnel, la joie dans ma voie de répondre sincèrement au bonjour comment vas-tu "bien, et encore mieux car ce soir, c'est vendredi, le week-end".

Je m'installe à mon bureau, prends connaissance des messages vocaux, repars dans la tâche de la veille (le compte rendu d'une réunion de mai à laquelle je n'ai pas assistée et qui me plonge parfaitement dans le fonctionnement de ce nouveau job, avec juste mon analyse et ma capacité à comprendre le terrain…)

11H20 : Première satisfaction, j'ai fini ce fameux compte rendu et nous allons manger. Discussion autour de mes enfants, et des partages que j'ai avec eux. Je parle de ma passion pour les mangas pour être avec eux dans leur plaisir et mieux comprendre leur cheminement.

A midi, j'appelle le Val de Grâce. Au bout du fil, c'est la surprise totale, et donc le plaisir tout simple. Ensuite, les remerciements de la personne qui m'a prévenue et qui est heureuse sincèrement que j'ai passé ce coup de fil : normal, ils ont été là lorsque j'avais besoin d'eux, c'est donc naturel de répondre à leur demande. Je suis dehors, le soleil est éclatant et j'acquiesce quand on me dit : " le soleil va revenir dans ta vie maintenant, Agnès, c'est à ton tour".

Et c'est mon tour.

Je passe l'après-midi à fignoler des tableurs, à en extraire des données pour les utiliser comme le souhaite la directrice. Le ciel s'est couvert de nuage et j'espère un instant que le froid du matin va se maintenir, et s'il neigeait, comme l'avaient imaginé les enfants ce matin dans la voiture… J'observe mon baromètre intérieur : non, pas d'excitation particulière, ce n'est pas aujourd'hui que les flocons vont s'accumuler sur le sol. J'en ai la confirmation en quittant l'école : il fait bien plus doux que ce matin, s'il l'eau s'enfuit du ciel, elle s'étendra en flaque et non en nappe blanche. Dommage, mais si on attend un peu, peut-être que l'hiver d'ici nous proposera son manteau blanc, même si à Bordeaux, le climat ne s'y prête pas vraiment…

Un autre plaisir : celui de voir sortir Tom de l'école, avec sa capuche sur la tête, emmitouflé dans son anorak, heureux de sa journée, des tonnes de bonnes notes dans son cartable, avec l'envie de me câliner parce que l'on sait tous les deux que c'est le w-e et que l'on ne va pas manger de la baleine, mais bien profiter de notre temps à nous.

Au collège, les deux grands discutent ensemble, nous rejoignent avec le sourire et dans la voiture, on blague à tout va. On raconte notre journée, on rigole de ses aléas, on imagine déjà les journées pyjamas à se reposer de notre semaine : moi, je l'annonce tout de go : je rentre et je vais sous la couette, j'ai les neurones liquéfiés, bons à rien et je vais dormirpour récupérer.

Bien sûr, ce n'est pas tout à fait ainsi que cela se passe.

On commence par regarder notre manga préféré, puis on mange des chinoiseries croustillantes et délicieuses, on laisse toute la vaisselle comme ça dans la cuisine, on aura le temps demain de tout ranger.

On s'installe devant la série du vendredi soir. Et là, je capitule. J'annonce aux enfants que je vais cette fois-ci vraiment me mettre dans mon lit. Je m'enfonce dans la douceur de ma couche et je m'endors sur le champ.

Quand Tom vient m'embrasser, et que j'aperçois la lumière du couloir, Camille dressée devant la porte, je ne comprends pas pourquoi les enfants me réveillent : c'est pourtant samedi, on n'a pas à se lever maintenant !!! J'imagine qu'ils m'attendent depuis longtemps puis ma Chérie se jette sur moi, toute remplie d'excuses : "mais non Maman, n'ai pas peur, il est juste 23 h, on va se coucher, on a encore tout le temps".

Alors je me lève, je les embrasse au fond de leur lit, après qu'ils aient fait toilette du chat, lavage de dents, rigolade du coucher, et je me pose ici, devant ma machine et j'écris cette journée, sans rien de particulier, mais avec cet intérêt immense pour moi de s'inscrire avec toutes celles que j'enchaîne pour ma vie, mon existence, ma reconstruction, mon équilibre qui vient enfin.

Je n'ai plus peur du chemin que je traverse, de sa longueur et de ses péripéties.

Je me réjouis de mes menus plaisirs.

Je prends la mesure de mon bonheur, qui reste l'instrument le mieux adapter pour vivre et avancer.

Je suis en vie.

 

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02 novembre 2008

Accepter de perdre beaucoup pour gagner peu...

Oui... J’aime ce que je vois.

Parce que je me regarde vraiment.

Pourtant, le tableau est peu rassurant pour mon entourage. Je ne sais plus rien faire seule. Tout évènement me terrorise, me fait verser des tonnes de larmes. Mais j’accepte.

Toutes ces guerres m’ont usée. Parce qu’elles n’étaient pas miennes.

J’ai appris à remonter à la source de tout souci, prévenir plutôt que guérir. J’ai cru que l’on pouvait préserver les autres, les protéger et j’ai donné tout mon cœur et mon âme pour aider, compenser, organiser, faire grandir, éduquer, aimer aussi…

Mais au bout du compte : ma famille est loin depuis des années et on ne se connaît plus. Ca n’a pas d’importance puisque les liens sont toujours là. Alors, je fais partir toute trace de rancœur, je lâche prise au final.

Mon divorce est presque terminé, après trois ans de lutte insensée… Mais en fait, non, je ne sais toujours rien, je reste l’instrument d’un autre qui lui n’accepte pas, ne lâche pas prise, ne me laisse pas tranquille.

Je reprends demain le boulot, dans un autre univers, et ce sera certainement le chemin de la guérison, reprendre contact avec une vie sociale, travailler pour "gagner ma vie".

Les mouvements de mon cœur : il y a des histoires qui ne sont pas les miennes et à ce jour, quand je sens que quelque chose est compliqué, je suis incapable de le gérer. J’ai besoin d’une épaule solide, parce qu’à ce jour, je suis vulnérable, j’ai peur de tout jusqu’à mon ombre. Alors je ne peux jouer un rôle, je ne peux que prendre la place que l’on me donne ou m’en aller si elle ne se fait pas.

Je choisis de ne plus chercher ces ressources épuisantes qui m’éloignent de mes vraies valeurs.

Les jours et semaines qui viennent seront encore très désagréables pour moi, car c’est un très grand chantier que j’entreprends. Celui de me rééquilibrer et de cesser de me maltraiter.

Mais je veux pouvoir accueillir mes enfants, une semaine sur deux, avec un sourire serein et certainement plus cette fatigue constante qui m’accable depuis cet été. C’est ainsi que je vais "gagner ma vie".

En prenant du recul.

En me protégeant.

En me soignant.

Le plus difficile est d’échapper à cette haine et cette violence que je sens de toute part autour de moi. Non, je ne suis pas parano, juste à peine et comme tout le monde. J’ai certainement des valeurs intimes qui sont très hautes.

Etre honnête et sincère : vous ne pouvez vous imaginer comme le prix est élevé…

Et ma générosité restera intacte et c’est elle qui me donnera mon bonheur personnel.

Je continuerai encore…

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24 octobre 2008

Les piliers...

Petit à petit, ils se reconstruisent.

Le premier déjà est celui du travail. Et mine de rien, ça n’est pas rien. Car on y passe un temps considérable, au travail et quoi qu’il arrive, il doit tout de même être source d’épanouissement.

Alors de ce côté-là, on peut dire que les choses se posent. Je tire enseignement de ces mois passés, je redémarre bientôt dans un tout autre univers, sans attente particulière, sans investissement irraisonné, juste la valeur de mes compétences et celles qui justifient mon salaire à la fin du mois.

Je me souviens qu’en juin, au cœur même de la tourmente, une voix m’avait dit : « prends le temps de parler et de mettre tout à plat. Une fois, le pan du travail réglé, tout le reste va s’éclaircir, la famille, ta nouvelle relation, tout va se mettre en place. »

Et c’est tellement vrai.

Je sais que je viens de relever l’un des premiers piliers de ma vie : le versant professionnel.

Et effectivement, tout le reste suit et en découle.

Je reviens à mes valeurs, que je n’avais pas franchement quittées, mais surtout je ne me sens plus en danger lorsque j’en rencontre d’autres. Je conserve les miennes et elles ne sont pas dérobées par la volonté d’autrui.

Alors, je continue : je hais le mensonge, la dissimulation, la fourberie, l’arnaque et la fausseté. Je n’ai plus peur de mettre la barre dans cette hauteur. Je ne suis ni juge ni partie, je me protège et je prends soin de moi.

Je n’ai pas de temps à perdre ou à dépenser sans compter pour composer avec la gaminerie. J’en perds certainement mon insouciance, j’en deviens plus adulte mais et ce mais est d’importance, je prends mon équilibre.

Je suis dans le lâcher prise. Je n’ai aucun pouvoir sur quiconque à part moi-même. Je ne suis pas non plus une justicière des temps révolus.

Je suis une femme de 42 ans, qui prend le courage à deux mains de vivre, de m’épanouir, d’accepter ce qui est mon existence.

Comme toute peinture, il y a les coins et les ressacs, les ombres et les infinis, peu importe : le tout trouve son harmonie dans le mouvement, car rien est immuable à part l’interdit de se faire du mal à soi-même au point d’en vouloir arrêter de vivre.

 

C’est bon de sentir en moi mon élan revenu. Il est différent, plus prudent, plus réservé. Du coup, plus réaliste.

 

Comme déjà écrit :

Je suis utile à ceux qui m’aiment, inutile à ceux qui ne me voient pas.

 

J’accepte de me regarder, sous toutes mes facettes…

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21 octobre 2008

Baromètre et espace-temps

MACARONS

Et sans prévenir, ça arrive, ça vient de loin,

Ca s’est promené de rive en rive,

De rive en coin,

Et puis un matin au réveil,

C’est presque rien,

Mais c’est là, ça vous émerveille,

Aux creux des reins…

Barbara


 

Et qu’est-ce que c’est bien de pouvoir fredonner cette chanson, en sentant qu’au fond de soi, c’est enfin là !

 

Je me dépêche d’écrire ce que je ressens, car à cette vitesse là, dans quelques heures, j’aurai basculé dans l’oubli.

Toutes ces heures, à compter les secondes, en cherchant le comment vivre et même pas le pourquoi…

Tous ces matins, à se réveiller sans élan, à faire comme un automate, programmer les journées, les minutes suivantes, avec des fiches autocollantes.

Mais pour en arriver là, accepter de n’être plus, d’être presque anéantie, garder confiance dans quelques voix, celles des amis vrais, s’accrocher aux regards aimants qui savent que bientôt le gouffre ne sera plus.

Aller de l’avant même si la tôle raye la carcasse, broie la personne.

Quel jeu terrifiant ! Impossible d’arrêter la partie, obligé de trouver les solutions, interdit de démissionner.

 

Heureusement, au milieu de cette boue, je ne suis pas allée jusqu’à l’extrémité de la disparition et c’est cela qui m’a fait garder conscience.

 

Mettre au monde : il y a neuf mois, mais aussi tout l’avant, l’élaboration, l’idée du réel.

Pour moi, trois ans en tout avec le délai de gestation. J’ai bien cru un moment que la naissance avait délivré un mort né.

Non, je suis vivante, moi, mes trésors immuables et mon amour de la vie.

 

C’est comme au lendemain d’un incendie ravageur. Il reste les fondations, la cendre fume encore, mais tout est possible.

Une fois le deuil accompli, c’est son énergie qui redonne la direction.

 

Et pour reprendre des mots lus à cet instant sur un autre blog : c’est comme être en haut d’un col de montagne, on est heureux de l’avoir grimpé, on ne recommencerait pour rien au monde tout de suite et il est étrange est magique que le souvenir de toutes ces souffrances soient aussi légères qu’un coup de baguette magique.

 

 

Distorsion de la sensation du temps qui est…

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14 octobre 2008

Ne plus pouvoir écrire...

tulipes

Plus de deux mois que je ne suis pas venue ici et c’est un commentaire ami qui vient me chercher là où je suis.

Ici, là… Depuis toutes ces semaines, j’ai dévalée la pente et j’avais beau accrocher mes doigts aux rochers, tous ont fini de laminer mon âme.

Alors, maintenant, je me redresse, c’est vrai. Mais c’est dans un piteux état, honteuse et humiliée, avec un ego fracassé.

J’m’attendais pas à ça…

Je n’avais pas regardé toutes ces années de conquêtes vaines, de quêtes sans fin, avec toute cette incompréhension de moi-même, ce sentiment sans cesse renouvelé de n’être pas entendu et de ne pas savoir me montrer.

De l’ombre en fait, beaucoup de sombre, comme cette phrase maternelle fièrement répétée : « c’est une enfant si sage, tellement, qu’on peut la laisser seule et on peut l’oublier ».

L’oubli… Pour ne pas m’oublier moi-même, je me suis réfugiée dans l’écrit, celui-là même qui laisse une trace et forge la mémoire en un outil aiguisé, lancinant, ne se désarmant jamais de l’hier…

J’ai senti le fond du gouffre quand je ne me suis rappelée de moi…

Quelle terreur alors de ne même plus savoir comment affronter l’instant d’après. Lutter chaque minute qui passe contre la brûlante angoisse qui s’infiltre dans tout le corps, respirer pour me dire, je suis en vie, toujours, récupérer ça et là les fracas de mes trésors enfouis pour essayer de réapprendre cette vie qui n’a plus d’élan.

 

Je ne suis pas encore revenue, mais je sens que matin après matin, la douleur de croire que je n’existe plus s’estompe.

C’est amusant pourtant, car j’ai toujours aimé sauter dans le vide, sans mesurer les risques.

Alors je me demande pourquoi depuis des semaines, je reste ainsi, tétanisée, comme anéantie.

 

Je m’accroche et je me dis aussi que je ne pleure presque plus…

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11 août 2008

Ecrire...

PREMIERE_PHOTO

Le calme revient. Je me pose moins de questions. Toujours quelques unes, mais je ne m’acharne plus à trouver forcément une réponse.

Je médite…

J’ai porté ma vie ces derniers temps comme un fardeau, comme une croix si lourde, trainant les pieds et faisant des traces sur mon parcours. Enlisement dans mes fondations pour trouver un sens à tout cela. Totalement « border-line », comme m’avait dit un jour ma grande sœurette. Dans l’extrême (pour tenter la rupture ?, pour sentir comment cela peut faire ?).

Une fois encore, j’ai explosé en plein vol.

 

Pourtant, la vie est si légère. C’est un souffle, une caresse, un don constant.

J’ai ce trésor en moi d’écrire tout ce que je vis.

Et j’en ai noirci des pages, ici, ailleurs.

J’ai extrait, pressé, analysé, décortiqué. C’était très périlleux, car au fur et à mesure, je me sentais de plus en plus vide, (ou vidée...?), toujours avec cette terreur de me dire : «bientôt, je n’aurai plus rien et sur du rien, comment repart-on ?»

 

Se laisser porter par le courant… Et mon flot devient plus doux, alors je m’apaise.

 

Tout à l’heure, j’ai aperçu une assistante sociale du boulot venir vers moi. Enfin !...: elle passait son chemin devant moi, pour être exacte. Je la connais, elle aussi. Elle a baissé la tête, comme si non, en fait. Je l’ai cherchée du regard pour lui dire bonjour. Comme elle continuait, je l’ai interpelée tout haut, à quoi bien entendu et par pure politesse, elle m’a répondu par le même mot.

Comme un bonjour peut être perçu bizarrement !... Hier, on parlait ensemble, aujourd’hui, je ne suis rien dans ces yeux. J’ai pensé que chacun se protège. Car le monde où l’on vit est très cruel, sans pitié et que chacun l’affronte à sa manière. Même au devant de quelqu'un aux yeux limpides sans une once d’agressivité que l’on pourrait bien imaginer le pire des requins.

 

C’est inquiétant tout cela car je me remets à barjoter.

Pourtant, c’est bien de la paix que je ressens.

Si mon honnêteté peut paraître légendaire, c’est bien ma sincérité qui me fait être vraiment.

Et je suis presque à me dire que toute manipulation peut être consentie si toutes les règles énoncées ainsi que non dites s’inscrivent dans la sincérité de se sentir soi-même.

Pourquoi pardonne-t-on à une mère l’inacceptable de voir son enfant détruit par un conjoint d’une manière ou d’une autre, si ce n’est que personne ne remet en question l’amour maternel ?! Quel que soit sa manière d’aimer, une mère aime son enfant !!! (je pourrais coller ici une bonne cinquantaine de smileys pour ponctuer ma réflexion de l’ironie qui lui revient).

Mais on n’est pas non plus en alarme quant à la tyrannie du jouvenceau qui détient dans sa main la vie de sa mère, au nom de l’amour filial, justement.

De même, on compatit gentiment à l’impie qui porte sur elle les bois de la tromperie, tant son compagnon a de la classe en apparence et donne à tout le monde car on ne le reconnait que par une générosité incontournable et tellement conventionnelle.

 

Alors tout ne pourrait être que perversité, apprise au long de son enfance, pour accéder à l’impossible d’aimer, uniquement pour soi, tout juste en se servant.

Le domaine de l’illusion, ou de la désillusion ?

Le paradis n’existe pas : on ne le trouve pas après sa naissance, pourquoi le trouverait-on après sa mort ?!

 

J’ai de la paix en moi désormais car une fois cette âpre découverte (des affres de la manipulation), je m’amuse maintenant à en déjouer les tours, je découvre, je comprends, j’apprends et j’avance sur…

 

…Cette légèreté qu’est la vie, derrière une si toute petite goutte de pluie tombée d’un ciel si noir…

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09 août 2008

Comme il est doux ce soleil d’août…

reflet_de_camille

En m’occupant de la chambre des enfants tout à l’heure, je sentais une odeur sucrée de cannelle. Elle venait tranquillement effleurer mon esprit, tout simplement, comme une évidence de la sérénité qui est en moi. Je décrochais scrupuleusement tout le linge, le rangeant dans les piles « à repasser », « à classer », « à pas repasser ». J’avais ouvert les volets pour y voir plus clair. Et puis quand j’ai eu terminé, j’étais à les refermer et j’ai eu à nouveau à l’esprit le parfum du pain d’épices. Mes yeux se sont posés sur la bougie qui est là depuis des semaines et j’ai regardé le soleil qui la faisait fondre. J’ai compris qu’il n’avait pas été besoin d’allumer la flamme, l’essence de cet objet surgissait par les rayons de chaleur : tout naturellement.

Alors, je n’ai pas cloisonné la chambre. Je me suis dit que ce soir, comme les enfants ne sont pas là et que je dors ailleurs, ça ne dérangera personne qu’il y fasse chaud. Par contre, la sucrerie qui y s’en sera dégagée, sera douce à tout cet univers.

 

C’est si simple la vie.

 

J’écris ici. Et puis ailleurs. J’ai double-blog, comme personnalité à facettes multiples. Côté personnalité, comme tout le monde, côté blog : peut-être pas vraiment ! Et j’aime à savoir que ceux qui me lisent doublement, fusionnent toutes mes phrases pour me comprendre avec leur sensibilité.

 

C’est une alchimie. C’est aussi de la féerie.

Je crois que je viens d’apprendre à être prudente.

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07 août 2008

A coeur ouvert...

Tom_juillet_2008


A cœur ouvert...

 

C’est un peu ainsi que je me suis sentie après être aller voir Monsieur le Professeur P.

A cœur ouvert…

Parce que mes paroles se sont envolées autour de lui, en toute pureté, bien plus qu’honnêtement, exactement moi-même…

Il y a eu des moments où le silence devait se poser, où seuls les regards pouvaient tendre vers la compréhension.

Alors j’ai retenu des mots… beauté de l’éclat… courage et force… sourire et vie… fatigue et repos… changement et équilibre… de somptueux outils à être utiles…

 

Je suis repartie de son bureau, en lui disant « au revoir et à bientôt, d’une manière ou d’une autre », j’ai avancé mes pas les uns après les autres en sentant sur mes joues s’échapper ma maladie, écoutant les battements de mon cœur me guider vers la guérison.

 

Dehors, le ciel était gris. Le parvis de l’hôpital était désert. Personne sur les bancs gris en béton. Alors je me suis assise. Et j’ai continué à pleurer. J’ai levé les yeux au ciel en me disant « aide toi et le ciel t’aidera », pourtant je ne suis pas croyante, enfin je ne m’en remets à aucun Dieu… Et puis j’ai pensé : « un signe, juste un signe, il y en a eu tant depuis deux mois, un autre encore, s’il vous plait… » et je me suis résignée. Tout naturellement et sans révolte d’ailleurs. Car on n’est pas dans un film Hollywoodien, juste dans la vie réelle, et somme toute tellement banale.

 

Alors de ces battements de cœur qui s’amplifiaient à m’en faire tourner la tête, je me suis interrogée : « peut-on vivre à cœur ouvert… ? »

 

Chirurgicalement, toutes les précautions sont prises pour que l’on ouvre un thorax, que l’on accède à ce muscle et que l’individu (endormi, il en va de soi) soit maintenu en vie (avec des machines, des tuyaux, des bips, des cliquetis, etc.) au maximum. Mais le risque zéro n’existe pas. Pourtant la plupart des patients qui émergent en salle de réveil, groggy de drogues en tout genre pour ne pas ressentir trop cette énorme souffrance : l’écartèlement de la poitrine pour accéder en son centre, savent qu'ils sont vivants… Ensuite, il y a le « post-op », la récupération (ou la réa si ça tourne mal) et puis la rééducation si tout se déroule dans les normes. Et zou, Truc X retourne à sa vie, banale, sans scénario particulier.

 

Donc on peut vivre à cœur ouvert, physiologiquement parlant, si toutefois, on referme vite le tout et que l’on prend évidemment un maximum de précautions.

 

Alors ma question qui reste la même : « peut-on vivre à cœur ouvert » pourrait bien devenir « et si le cœur est toujours ouvert, immense à battre à l’extérieur, que se passe-t-il pour l’énergumène qui décide de vivre ainsi parce qu’il ne sait pas faire autrement ?

 

Il se passe…

 Se passe que…

         Il se passe que cette personne,

               a bien le regard de petit « T’om ».

 

Tourné vers soi, pour continuer à palpiter, dans sa bulle, pour exister et aimer, puisqu’il n’y a rien d’autre qui compte.

 

Tout ce que je suis, c’est pour vous, Mes Amours…

 

CAILLOU_07_2008  TOM_07_2008

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Imprévu

ENTREE


Parce que demain, je ne le connais pas, et que je ne serai peut-être plus là pour te promettre tout cela.

Parce que l’on ne remercie jamais assez la vie, des petits cadeaux surprenants qu’elle nous faits.

Autour d’une coupe joliment arrangée, toute prête à être dégustée, dans la gourmandise d’une fleur qui se marie avec les crustacés au goût délicieux, dans une soirée improvisée dans les valeurs de l’amour qui n’est qu’immortel, et dans l’humble de l’humain qui porte ses fardeaux comme des joyaux.

 

Si je sais laisser une trace à ceux qui me rencontrent, comme une étincelle qui les réchauffent, ne serait-ce qu’un instant, c’est que mon bonheur est vivant et que je suis…

Naturellement.

 

Merci à vous.

Posté par bergag à 01:58 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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