Ruisseau de vie

Le souvenir est création...

25 mai 2009

FLEUR_DE_PLUIE

Quand l’oubli prend son sens utile, le présent existe simplement…

Il n’est pas alors besoin de se débattre, de s’atterrer ou de désespérer, non, non, non, il est alors facile de sourire amoureusement à l’instant qui précède le lendemain, parce qu’il n’est pas futile, mais réel, ou juste là, comme une courbe qui met en valeur ce qui existe et s’est préparé depuis des siècles à recevoir ce qui est vrai, ce qui vit et palpite, avec vie et justesse, avec envie et plaisir, en harmonie et sans dissonance, avec évidence et sans détour, avec amour et valeur vraie…

Comme une peau qui reprend sa douceur pour des mains qui savent, qui ne cherchent rien de virtuel, prennent ce qui est, en entier, qui ne mettent que la condition de comprendre et savoir l’autre, aussi doucement qu’un jour de printemps qui dure et saura prendre la promesse de son renouveau comme de s’endormir au creux d’un hiver sans crainte du temps qui passe, sans peur des rides du temps, sans terreur du temps qui est…

Ce rendez-vous là, je ne pouvais le manquer, je ne savais que m’y préparer…

Je prends et je vis.

Je régale mes yeux et le regard qui me croise.

Je chante avec mes enfants qui sont, prolongement de moi-même, et lien vers une vie à eux…

Pour ce temps merveilleux, j’ai eu raison d’attendre, de savoir le reconnaître et rester ce que je suis, en m’élevant vers le meilleur…

Merci ce cœur qui palpite et va de l’avant…

Etre heureuse et rendre à ceux qui m’aiment ce bonheur, il n’y a pas d’autre raison d’être, et plus jamais me perdre dans l’avoir.

 

Je me sens belle toujours...

Et plus encore quand je suis recueillie dans un regard qui me voie...

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18 mars 2009

C'est possible...

Il y a eu un moment, il y a quelques jours de cela, (ou était-ce il y a un millénaire ?... allez savoir, distorsion de la notion du temps) où je vivais dans un minuscule refuge, en haut d’une montagne, à la tombée de la nuit, avec une tempête ne me permettant que de rester immobile dans mon abris. Impossible de sortir sous peine de se faire fracasser par les vents violents tournoyant de neige ; seul possible à faire : rester là, blottie dans la neige, comptant les heures au déclin du jour pour comprendre qu’il en restait de bien longues avant le retour du soleil.

Dans ces instants difficiles, pourtant emprunts d’une éternité bien longue, ma tourmente à moi n’était pas de lutter contre les évènements extérieurs, mais bien de continuer à croire en ma force intérieure, même si le déroulement de cette épreuve pouvait alors conduire mon corps à s’endormir, à se laisser aller dans la chaleur de la mort, puisque sans ressource pour que l’organisme continue à se battre. Et ma terreur était là, dans un cris de révolte incommensurable : JE NE VEUX PAS MOURIR MAIS JE NE POURRAI PEUT-ETRE PAS DECIDER DE FAIRE AUTREMENT…

 

Et puis il y a le cours de la vie qui rattrape les rêveries cauchemardesques, et qui ramène à la réalité : l’annonce de l’accident de moto d’une collègue de travail que j’apprécie tout particulièrement. Et miracle, malgré un 12 tonne conduit par un type qui n’avait plus que quelques gouttes de sang dans son alcool, malgré le vol immense et la rambarde alentours, elle et son frère n’ont rien eu de cassé. Certes, ils ont été mâchés par la violence du choc, sont bleus de la tête au pied, avec des nez tout rouge, des yeux tout beurre noir, des langues douloureuses d’avoir été mordue dans le vol plané… Mais ils sont vivants et repartiront travailler et vivre normalement dès que le traumatisme se sera un peu adouci.

Après la nouvelle de ce drame, la discussion a porté sur le « jusqueboutisme », les limites toujours repoussées pour se prouver que l’on existe, la tolérance des galères à répétition pour dire qu’on sait s’en sortir et surtout, ces mots : Dire stop, c’est accepter qu’inconsciemment on ne veut pas se donner les moyens de faire autrement car cela nous plait, s’arrêter et changer, c’est se donner les moyens de vivre réellement avec toutes ces ressources, quelles qu’elles soient…

 

Alors mardi matin, j’ai traversé le hall du Tribunal en direction du bureau des greffes… Quelques mots échangés à l’accueil, une invitation à venir m’asseoir devant un bureau à la porte à gauche et… « oui, ce que vous me demandez, c’est possible, montrez moi le papier, là, que vous avez en main. Il ne m’en faut pas plus pour vous donner le certificat. »

J’ai alors eu une pensée immense pour mon amie Laurence… Elle m’avait expliqué qu’elle avait lutté pendant des mois, qu’elle avait encaisser des millions de coups, qu’elle avait traversé des déserts de souffrance, et que jour après jour, elle prenait toutes les « emmerdes » presque philosophiquement, du style « ça doit m’arriver, alors je prends ». Et puis un matin, dans un magasin quelconque, alors qu’elle allait sans conviction changer un article, on lui répondit que c’était possible. Dans un premier temps, elle ne percuta pas, reprenant son sac pour repartir, puis se rendit compte qu’elle n’avait pas compris la réponse qui pour une fois depuis tant de temps était positive. C’était possible et surtout facile.

 

Alors mardi matin, quand j’ai fait une relecture de ma situation avec simplicité et facilité, toutes les pièces du puzzle se sont remises en place. Et l’avalanche qui a suivi a été nette, claire, limpide vraiment tellement facile.

 

Alors pourquoi avoir attendu tant de temps : car il faut laisser du temps au temps, pour qu’il mûrisse et nous mûrisse, pour qu’il nous refaçonne et nous redimensionne, pour qu’il redevienne un véritable miroir de nos véritables forces.

 

Peu après, je me suis assise au soleil, sous un arbre et j’ai dégusté ces premières heures de printemps.

Le soir en s'endormant, Tom m'a dit : tu semblais toute seule à la sortie de l'école tout à l'heure, mais tu souriais tellement que j'ai su que tu allais bien...

C'est tout le bonheur que je me souhaite : la tranquillité de mes trésors.

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17 février 2009

Ténacité...

cactus

Hier, dans mon après midi verte, j’ai replanté mon grand cactus.

J’ai d’abord nettoyé tout le balcon, fais disparaître les traces de la tempête, qui même s’il elle n’a pas touché mon habitation, a su laisser les signes de son passage.

A un moment, j’ai pris les vieux bambous que j’entasse sur la terrasse et je les ai lancés comme des javelots vers les branches d’un vieil arbre qui est bien dégarni depuis le passage du tumulte. J’avais bien pris soin avant d’observer les alentours : personne, et zou, on y va.

Et puis j’ai enfilé mes gants… Il fallait bien cela pour que la bête ne me morde pas, ce qu’elle a tout de même réussi à faire.

J’ai observé la plante : elle était toute pendante, après le gel d’une nuit. Je l’avais juste récupérée pour la mettre à l’abri et son manque d’eau l’a sans doute sauvée.

Une à une, j’ai découpé la chair piquante, en épargnant les racines intactes, en incisant celles déjà mortes et pourries.

Je me suis piquée malgré tout, comme une Aurore qui touche un rouet et ne peut rien faire d’autre que de s’endormir une éternité.

Le cactus est synonyme de « résistance » et de « courage ».

Je suis sûre que toutes ces tiges déposées au sein d’une terre douce et fertile, vont me montrer leur toupet, leur envie de repousser.

Alors j’aime bien cela.

Elles ne dépendent pas de moi, je leur rends juste un peu de liberté.

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15 février 2009

Mademoiselle, quand on vous voit...

Pouce_de_vie

« Mademoiselle, quand on vous voit, on vous aime. Et quand on vous aime, on vous voit où ? »

 

 

En remontant les escaliers, les bras chargés des courses, pour le week end et le retour des enfants, je trouvais que mon cœur n’est pas en très bon état.

Pourtant, je sens l’aube d’un printemps qui arrive.

Il y a toujours ce picotement qui me rappelle que je suis en vie…

Cependant, c’est sans doute de l’ordre de la déception, du désabusement, de la désillusion.

J’aime le temps qui passe à toute allure, car je ne peux le maîtriser, je ne comprends rien aux jours qui s’enchaînent, désertés par ceux qui m’ont reflétée, sans doute prise un peu trop dans leurs rêves, sans penser à ma réalité.

 

Depuis tout à l’heure, je regarde le ciel qui se décline progressivement. Il y a eu le pic des cinq heures, avec l’éclat de l’éblouissement, décor surréaliste, puis les arbres ont fini de s’enflammer et maintenant, les bleus s’épaississent, ne laissent plus transparaître des orangers prometteurs. Il y a le blanc avant le noir.

 

Et il y a un moment où on ne dit plus rien.

J’ai beau me répéter que c’est du « lâcher prise », que c’est l’élastique qui est parti et qui ne met plus aucune contrainte, que c’est maintenant que la liberté est réalité… Je ne détecte aucune folie abstraite qui pourrait m’animer et me ramener à un monde moins acerbe.

 

Alors je souffle… Et je mets mes mains dans la terre pour dorloter mes plantes vertes, j’ai retrouvé dans mes verres qui traînent sur le plan de travail de la cuisine, une pousse au milieu des feuilles fanées qui ne promettaient plus rien. Je l’ai dégagée de tout ce fatras et je l’ai glissé délicatement dans une terre fertile, comme un lit de douceur, un berceau nourrissant.

 

Je l’ai posé au devant du soleil et tous les jours qui passent, je vais nourrir ce bébé papyrus pour qu’il devienne fort et beau comme ses parents…

 

J’ai commencé ce texte vendredi soir, j’ai parcouru samedi dans une joie profonde de partager du « free hugs », j’ai passé une soirée clé qui scelle une histoire, je me suis réveillée ce matin très tôt (bien qu’un dimanche) et j’ai laissé partir ce que je pensais être « mon capital »… La porte qui a claqué doucement m’a rendu les clés de ma vie, ma liberté d’être comme je veux et surtout de continuer à prendre soin de moi.

C’est vrai que je suis souvent seule. Que je goutte du solitaire à tout va, mais je sais qu’au fond de moi, je ne suis pas en solitude. Et c’est ce détail qui fait tout le reste.

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28 janvier 2009

Vivement mardi, on va manger des crêpes...

 

pict0029

Je regarde cette jolie bestiole qui à cet instant dort sur mon canapé. Il est étalé, langoureux, ronronnant dans son sommeil, heureux d’être, savourant sa vie au présent.

 

C’est mon miel.

Mon lien qui me ramène toujours à mes trésors.

Sa manière bien à lui d’occuper mon espace, de m’occuper en quelque sorte, est toujours pour moi un pilier à ma vie affective…

 

Il faut que je fasse très attention de ne rencontrer aucune fée qui pourrait le transformer en prince charmant qui aurait alors toute légitimité de réclamer son du, ou ses pertes… (cf. blague d’une collègue de boulot racontée hier après projection via portable d’une série de photo de mon félin adoré…).

 

Ce soir, je suis sereine. J’ai encore dépassé un cap. Il n’était pas compliqué à détourner, beaucoup moins houleux que les précédents mais pourtant si capital……

 

J’ai enfin tourné la page du « responsable de tout ».

J’accepte de ne pouvoir tout résoudre et de ne faire que ce qui est en mon pouvoir (c'est-à-dire pas grand-chose) et je profite de mon présent avec les cadeaux que l’on me fait.

 

Aujourd’hui il y avait :

Un regard doux et chaleureux d’une complicité qui se met en place,

Le regard chaud et confiant de la chaussure à mon pied,

L’écoute simple d’une petite « Lutine » que j’ai la chance d’avoir à mes côtés…

 

Je me satisfais de mon travail bien fait.

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04 janvier 2009

Nous sommes en 2009

SUR_LES_MARCHES_DU_GRAND_THEATRE

Le premier jour de l'an 2009, j'étais là. A bisouiller près de 150 personnes, juste pour se souhaiter la bonne année. Cela a été un moment fabuleux. Derrière tout ce petit monde, il y avait sur les marches du grand théâtre, du café, du thé, des jus de fruits, des gâteaux, tout cela amené par tous les participants à cette rencontre si conviviale.
A la fin, on s'est tous réuni bien rangés sur les marches pour une photo de groupe. Fou rire indicible, car en face de nous les badauds s'étaient attroupés, certains nous prenant même en photo, chaque tramway qui passait avait droit à une ovation, alors que l'organisateur finissait de faire "l'appel", jouant parfois le chef de choeur à nous faire chanter à tue tête, bref, du bonheur en barre...

Je suis contente de cette année qui commence. Je n'attends pas qu'elle soit meilleure ou pire que la précédente. Elle est. Tout simplement. A vivre. Au présent. En marchant sur mon chemin, en le parcourant comme il se découvre, avec les moments de joie et de partage, mais aussi son lot d'embuches et de galères.

Donc aucune résolution... Juste continuer le travail que j'ai entrepris sur moi : celui de la compréhension de moi-même.
J'aurais pu enterrer 2008 en me disant bon débarra. Je l'ai plutôt refermée comme un très bon livre. J'ai beaucoup appris durant ces douze mois, j'ai beaucoup donné de ma personne, mais au bout du compte j'ai reçu au centuple...

Surtout, j'ai fait une rencontre merveilleuse cette année. Une étoile... Elle est venue à moi en mai. Aujourd'hui, je lui dédie mes mots, car elle est pour moi un fabuleux cadeau, une source vive, une amie très chère, avec une force éblouissante.
Je lui dois beaucoup dans ma transformation.

Et puis pour finir, je sais que le bien être que j'éprouve n'est pas une illusion car il s'appuie sur ma liberté que j'acquiers, que j'assume, que je chérie, que j'entretiens...

Je vais m'efforcer de garder de l'humilité afin d'être utile à ceux qui m'aiment...

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02 décembre 2008

Darling...

C'te claque !!!

Je vais avoir les yeux tout gonflés demain, mais y'a rien à y faire : je pleure comme une madeleine, depuis la fin du film.

 

Je m'étais dis en regardant le programme sur internet que ce film m'intéresserait sûrement, je me suis dépêchée d'accrocher le linge propre, de me faire un peu de cuisine avec trois fois rien dans mon placard et je me suis installée devant la télé.

 

J'ai gobé le film de A jusqu'à Z, me retenant même d'aller aux pipi-room.

Et je ne me rappelle plus ce qui a déclenché cette avalanche de larmes…

 

J'ai pensé qu'il fallait que j'écrive tout cela, parce qu'au milieu de mes sanglots, il y a toute cette liberté qui m'envahit instant après instant, toute cette légèreté de l'être, car après avoir tout lâché, il semble que le fil de la vie s'épaississe et devienne réel.

 

J'ai imaginé écrire à une personne chère, très chère. Je n'ai pas voulu décrocher mon téléphone… Bien que je sache que ceux à qui je pensais auraient répondu présent. Mais pour entendre quoi ? Une Agnès pleurant de vie ? Consciente de la radiographie de son existence réelle ?

 

Alors c'est vrai que j'ai pensé tout simplement à mon Amie. Celle qui est venue me rendre visite à mon travail ce matin. Et j'ai fait tout comme…

Tant de fois, elle m'a écouté, soutenue, poussée… Des soirées rigolades à refaire le monde, aux nuits les plus profondes dans les doutes de ne pas y arriver, elle a cru, répondu, tendu des perches inavouables, effleuré des alliances que rien ne peut décrire, et sous son regard bienveillant, j'ai avancé, exprimé ce que j'ai de meilleur et de pire en moi… Peut-être suis-je aussi son vecteur d'un impossible possible à vivre par moi…

 

Les chaînes que j'ai effacées, sont celles qui m'ont faite instrument de l'autre, dans son amour, sa tyrannie, sa possessivité, son ignorance, son mépris, sa reconnaissance, son éblouissement, son interrogation, son détachement…

 

Maintenant, je me positionne.

Je n'attends rien de l'autre.

Je savoure mon présent.

 

Peut-être que demain, je serai bien moins intéressante qu'une jolie de 25 ans qui a tout de la jeunesse, mais je serai aussi encore dans la course pour voir tranquillement les hommes se faner à espérer que les femmes soient si haut, mais la position n'a pas d'importance, c'est notre centre de gravité qui équilibre tout cela.

 

Je crois que je ne connais pas encore la main qui prendra la mienne pour aller sur un même chemin.

Mais cela a peu d'importance.

Elle est peut-être là, ou encore inconnue de mon vrai décor.

 

Je sais simplement que je ne veux pas être dans la vie d'un autre, plus ou moins. Et je ne veux dépendre de cet autre, plus ou moins.

 

J'aime la liberté de l'autre, de moi.

Seule, c'est un travail.

A deux, c'est un exploit.

 

Je suis simple… Si simple.

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29 novembre 2008

Les petits plaisirs de ma vie, ce jour-ci…

GOURMANDISES

Comme ça, pêle-mêle, ma journée en vrac.

Aussi parce que je me réveille et que je vais me rendormir.

Parce que j'ai un bien être en moi qui monte enfin et remonte, prend place, m'habite, me dirige, me consolide, me redonne à moi…

Parce que cela fait bien longtemps que je n'ai pas écrit ici et que j'ai envie là, de me raconter, comme j'aime.

Donc…

Ma journée : dense, remplie, belle, existante, me faisant espérer demain.

Après avoir posé tous les enfants, je dis bien tous, les miens, celui de mon autre qui lui s'écarte mais laisse son fils nous rejoindre, et donc après avoir passé du temps devant l'école avec Tom, avant qu'il aille à l'école, nous permettant d'avoir un moment tout particulier ensemble, sans qu'il aille à la garderie, et cela c'est vraiment un plaisir de ma vie de maintenant, je suis rentrée chez moi pour finir de me faire belle et pour aller au travail.

J'ai eu le temps de regarder mes mails et d'apprendre qu'au Val de Grâce, quelqu'un ce jour sera heureux d'entendre de ma voix, pour cause d'hospitalisation. Vite, j'enregistre le numéro pour l'appeler entre midi et deux. Puis, je pars cinq minutes avant neuf heure, car mon nouveau travail est au bout de la rue (et un plaisir ! un plaisir de plus !!!!).

Je traverse la voie du tram, je grimpe les escaliers, j'ai chaud dans le manteau qui me va si bien, qui m'a été donné par mon amie précieuse, et je monte les escaliers.

Devant mon ordinateur, je rassemble tous les moments précieux.

Et je regarde : mon arrivée à l'école, avec le salut au personnel, la joie dans ma voie de répondre sincèrement au bonjour comment vas-tu "bien, et encore mieux car ce soir, c'est vendredi, le week-end".

Je m'installe à mon bureau, prends connaissance des messages vocaux, repars dans la tâche de la veille (le compte rendu d'une réunion de mai à laquelle je n'ai pas assistée et qui me plonge parfaitement dans le fonctionnement de ce nouveau job, avec juste mon analyse et ma capacité à comprendre le terrain…)

11H20 : Première satisfaction, j'ai fini ce fameux compte rendu et nous allons manger. Discussion autour de mes enfants, et des partages que j'ai avec eux. Je parle de ma passion pour les mangas pour être avec eux dans leur plaisir et mieux comprendre leur cheminement.

A midi, j'appelle le Val de Grâce. Au bout du fil, c'est la surprise totale, et donc le plaisir tout simple. Ensuite, les remerciements de la personne qui m'a prévenue et qui est heureuse sincèrement que j'ai passé ce coup de fil : normal, ils ont été là lorsque j'avais besoin d'eux, c'est donc naturel de répondre à leur demande. Je suis dehors, le soleil est éclatant et j'acquiesce quand on me dit : " le soleil va revenir dans ta vie maintenant, Agnès, c'est à ton tour".

Et c'est mon tour.

Je passe l'après-midi à fignoler des tableurs, à en extraire des données pour les utiliser comme le souhaite la directrice. Le ciel s'est couvert de nuage et j'espère un instant que le froid du matin va se maintenir, et s'il neigeait, comme l'avaient imaginé les enfants ce matin dans la voiture… J'observe mon baromètre intérieur : non, pas d'excitation particulière, ce n'est pas aujourd'hui que les flocons vont s'accumuler sur le sol. J'en ai la confirmation en quittant l'école : il fait bien plus doux que ce matin, s'il l'eau s'enfuit du ciel, elle s'étendra en flaque et non en nappe blanche. Dommage, mais si on attend un peu, peut-être que l'hiver d'ici nous proposera son manteau blanc, même si à Bordeaux, le climat ne s'y prête pas vraiment…

Un autre plaisir : celui de voir sortir Tom de l'école, avec sa capuche sur la tête, emmitouflé dans son anorak, heureux de sa journée, des tonnes de bonnes notes dans son cartable, avec l'envie de me câliner parce que l'on sait tous les deux que c'est le w-e et que l'on ne va pas manger de la baleine, mais bien profiter de notre temps à nous.

Au collège, les deux grands discutent ensemble, nous rejoignent avec le sourire et dans la voiture, on blague à tout va. On raconte notre journée, on rigole de ses aléas, on imagine déjà les journées pyjamas à se reposer de notre semaine : moi, je l'annonce tout de go : je rentre et je vais sous la couette, j'ai les neurones liquéfiés, bons à rien et je vais dormirpour récupérer.

Bien sûr, ce n'est pas tout à fait ainsi que cela se passe.

On commence par regarder notre manga préféré, puis on mange des chinoiseries croustillantes et délicieuses, on laisse toute la vaisselle comme ça dans la cuisine, on aura le temps demain de tout ranger.

On s'installe devant la série du vendredi soir. Et là, je capitule. J'annonce aux enfants que je vais cette fois-ci vraiment me mettre dans mon lit. Je m'enfonce dans la douceur de ma couche et je m'endors sur le champ.

Quand Tom vient m'embrasser, et que j'aperçois la lumière du couloir, Camille dressée devant la porte, je ne comprends pas pourquoi les enfants me réveillent : c'est pourtant samedi, on n'a pas à se lever maintenant !!! J'imagine qu'ils m'attendent depuis longtemps puis ma Chérie se jette sur moi, toute remplie d'excuses : "mais non Maman, n'ai pas peur, il est juste 23 h, on va se coucher, on a encore tout le temps".

Alors je me lève, je les embrasse au fond de leur lit, après qu'ils aient fait toilette du chat, lavage de dents, rigolade du coucher, et je me pose ici, devant ma machine et j'écris cette journée, sans rien de particulier, mais avec cet intérêt immense pour moi de s'inscrire avec toutes celles que j'enchaîne pour ma vie, mon existence, ma reconstruction, mon équilibre qui vient enfin.

Je n'ai plus peur du chemin que je traverse, de sa longueur et de ses péripéties.

Je me réjouis de mes menus plaisirs.

Je prends la mesure de mon bonheur, qui reste l'instrument le mieux adapter pour vivre et avancer.

Je suis en vie.

 

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02 novembre 2008

Accepter de perdre beaucoup pour gagner peu...

Oui... J’aime ce que je vois.

Parce que je me regarde vraiment.

Pourtant, le tableau est peu rassurant pour mon entourage. Je ne sais plus rien faire seule. Tout évènement me terrorise, me fait verser des tonnes de larmes. Mais j’accepte.

Toutes ces guerres m’ont usée. Parce qu’elles n’étaient pas miennes.

J’ai appris à remonter à la source de tout souci, prévenir plutôt que guérir. J’ai cru que l’on pouvait préserver les autres, les protéger et j’ai donné tout mon cœur et mon âme pour aider, compenser, organiser, faire grandir, éduquer, aimer aussi…

Mais au bout du compte : ma famille est loin depuis des années et on ne se connaît plus. Ca n’a pas d’importance puisque les liens sont toujours là. Alors, je fais partir toute trace de rancœur, je lâche prise au final.

Mon divorce est presque terminé, après trois ans de lutte insensée… Mais en fait, non, je ne sais toujours rien, je reste l’instrument d’un autre qui lui n’accepte pas, ne lâche pas prise, ne me laisse pas tranquille.

Je reprends demain le boulot, dans un autre univers, et ce sera certainement le chemin de la guérison, reprendre contact avec une vie sociale, travailler pour "gagner ma vie".

Les mouvements de mon cœur : il y a des histoires qui ne sont pas les miennes et à ce jour, quand je sens que quelque chose est compliqué, je suis incapable de le gérer. J’ai besoin d’une épaule solide, parce qu’à ce jour, je suis vulnérable, j’ai peur de tout jusqu’à mon ombre. Alors je ne peux jouer un rôle, je ne peux que prendre la place que l’on me donne ou m’en aller si elle ne se fait pas.

Je choisis de ne plus chercher ces ressources épuisantes qui m’éloignent de mes vraies valeurs.

Les jours et semaines qui viennent seront encore très désagréables pour moi, car c’est un très grand chantier que j’entreprends. Celui de me rééquilibrer et de cesser de me maltraiter.

Mais je veux pouvoir accueillir mes enfants, une semaine sur deux, avec un sourire serein et certainement plus cette fatigue constante qui m’accable depuis cet été. C’est ainsi que je vais "gagner ma vie".

En prenant du recul.

En me protégeant.

En me soignant.

Le plus difficile est d’échapper à cette haine et cette violence que je sens de toute part autour de moi. Non, je ne suis pas parano, juste à peine et comme tout le monde. J’ai certainement des valeurs intimes qui sont très hautes.

Etre honnête et sincère : vous ne pouvez vous imaginer comme le prix est élevé…

Et ma générosité restera intacte et c’est elle qui me donnera mon bonheur personnel.

Je continuerai encore…

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24 octobre 2008

Les piliers...

Petit à petit, ils se reconstruisent.

Le premier déjà est celui du travail. Et mine de rien, ça n’est pas rien. Car on y passe un temps considérable, au travail et quoi qu’il arrive, il doit tout de même être source d’épanouissement.

Alors de ce côté-là, on peut dire que les choses se posent. Je tire enseignement de ces mois passés, je redémarre bientôt dans un tout autre univers, sans attente particulière, sans investissement irraisonné, juste la valeur de mes compétences et celles qui justifient mon salaire à la fin du mois.

Je me souviens qu’en juin, au cœur même de la tourmente, une voix m’avait dit : « prends le temps de parler et de mettre tout à plat. Une fois, le pan du travail réglé, tout le reste va s’éclaircir, la famille, ta nouvelle relation, tout va se mettre en place. »

Et c’est tellement vrai.

Je sais que je viens de relever l’un des premiers piliers de ma vie : le versant professionnel.

Et effectivement, tout le reste suit et en découle.

Je reviens à mes valeurs, que je n’avais pas franchement quittées, mais surtout je ne me sens plus en danger lorsque j’en rencontre d’autres. Je conserve les miennes et elles ne sont pas dérobées par la volonté d’autrui.

Alors, je continue : je hais le mensonge, la dissimulation, la fourberie, l’arnaque et la fausseté. Je n’ai plus peur de mettre la barre dans cette hauteur. Je ne suis ni juge ni partie, je me protège et je prends soin de moi.

Je n’ai pas de temps à perdre ou à dépenser sans compter pour composer avec la gaminerie. J’en perds certainement mon insouciance, j’en deviens plus adulte mais et ce mais est d’importance, je prends mon équilibre.

Je suis dans le lâcher prise. Je n’ai aucun pouvoir sur quiconque à part moi-même. Je ne suis pas non plus une justicière des temps révolus.

Je suis une femme de 42 ans, qui prend le courage à deux mains de vivre, de m’épanouir, d’accepter ce qui est mon existence.

Comme toute peinture, il y a les coins et les ressacs, les ombres et les infinis, peu importe : le tout trouve son harmonie dans le mouvement, car rien est immuable à part l’interdit de se faire du mal à soi-même au point d’en vouloir arrêter de vivre.

 

C’est bon de sentir en moi mon élan revenu. Il est différent, plus prudent, plus réservé. Du coup, plus réaliste.

 

Comme déjà écrit :

Je suis utile à ceux qui m’aiment, inutile à ceux qui ne me voient pas.

 

J’accepte de me regarder, sous toutes mes facettes…

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