Ruisseau de vie

03 novembre 2015

Aujourd'hui...

Futur

 

Ecrire.

Raconter…

 

C’est mon devoir.

 

Alors je vais vous raconter, vous livrer, vous retranscrire, vous transmettre.

Peut-être aurez-vous beaucoup de mal à déchiffrer mes mots, mais il le faut.

Je vous le donne, c’est une nécessité.

 

Nous nous sommes déjà rencontrés tant de fois. Nous sommes liés depuis si longtemps.

 

Quelle folie de lui avoir demandé de partir… Quelle violence et comme il a cherché à se débattre. Impossible pour lui d’entendre que je lui criais « Sauve toi, mon Chéri, Sauve toi ! » car dans le brouhaha de notre chez-nous, tout était envahi. Plus de place pour la vie, aucun vide à remplir, que du vide à faire pour survivre.

 

Comme cette mère éperdue d’amour pour son fils qui a préféré le pousser dans une chambre et l’enfermer, ou encore cette femme consciente du danger de mort qui a mis des souliers de fer à son petit garçon en lui disant : « Cours aussi longtemps que possible et cache toi ». C’est ce qu’il a fait le petit bonhomme, il a fui dans la forêt, il s’y est enfermé dans une toute petite grotte et y est sans doute mort de faim. Alors que la maman, ayant perdu la raison, affrontait ses bourreaux, respirait un air mortel, s’accrochant aux murs avec ses griffes acérées, lapidait ses compagnes d’infortune, refusant tout en acceptant que son cœur ne palpite plus, pleurant de toute sa rage sa douleur de ne plus être là pour protéger le fruit de ses entrailles, espérant que les bêtes fauves le réchauffent et ne le mangent pas à leur tour.

 

Et chacun est parti sur son chemin, ne sachant si l’autre avait pardonné, ne sachant comment se pardonner.

 

Rien ne s’est défait à cet instant, tout était déjà scellé.

 

Mais pour comprendre et revoir le jour, on ne peut que faire sauter ces fameux « scellés ». C’est le seul possible à réaliser. On ne peut refuser. On n’en a pas le choix.

 

Je lui ai pardonné.

Il ne m’a pas encore pardonné.

Je ne me suis toujours pas pardonnée.

Il s’est déjà pardonné.

 

Etrange conjugaison de ce verbe qui par don rend le futur réel et sèche les larmes du passé. Et qu’elles sont douces ces larmes qui lavent et régénèrent tout sur leur passage. Elles laissent derrière elles un doux silence lumineux et profond.

 

J’écris à cet instant ce que j’entends. La mélodie qui monte est forte et me rend forte. Elle s’infiltre jusque dans la pierre, envahit tout le noir du néant. Cela tourbillonne, c’est effrayant, c’est brûlant et retentissant. Mais de ces vagues immenses naisse la mer et l’infini.

 

La Liberté, peut… (enfin) -… être…

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09 mars 2015

Ouverture nouvelle d'un espace de liberté

mimosa

C'est une très belle journée pour venir ici, rouvrir un peu les fenêtres, faire rentrer de l'air frais, profiter du printemps.

J'ai longuement hésité à le faire, encore sous l'emprise de regards qui se posent ici pour s'autoriser à savoir encore qui je suis, pensant que leur position est légitime, suffisamment pour croire également qu'ils peuvent me diriger, me critiquer, me détruire ou se servir de moi.

Bien sûr, quand j'ai su cela, une partie de ma grande colère a voulu passer les berges. Je me suis sentie mal à l'aise, coupable et mon amie Coco m'a remis simplement les idées en place : "Ben si tu écris un blog public, c'est que tu t'exposes à la lecture de tous. Tu ne peux en tenir rigueur".

Bien sûr, une fois de plus, évidence même.

Alors j'ai tout d'abord mis la page en privé. Mais c'était une fois de plus me conformer aux consignes, au politiquement bien pensant. Et puis, je l'ai remis en public.

Aujourd'hui, je vais publier rétroactivement des écrits gardés sous silence depuis presque deux mois.

Une fois que j'aurai fini (j'ai encore rempli une multitude de pages blanches, j'écris toujours autant et c'est bien), donc une fois que j'aurai épuisé ces textes, je verrai alors où je suis arrivée et ce que je décide.

C'est une belle journée pour venir ici, car c'est aussi un joli 9 mars.

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23 janvier 2015

Rire...

piano

 

Consigne d'écriture : Sur le rire...

En intégrant les mots envie, partager, tristesse, percussion, sensible.

 

Pour une envie de rire... ou pour retrouver cette envie.

Je me donne quoi ?

La joie de mon piano qui est bien un instrument à percussion et non à cordes.

Mais souvent, et de plus en plus, il m'est difficile de partager ma passion.

Car au détour d'une ballade de Chopin, je sens une tristesse surgir, comme au fin fond d'une mémoire trop sensible, mêlant beaucoup trop de génération.

Alors je repars sur mon canapé et j'enfonce ma tête au milieu des coussins pour ne plus entendre le tic tac assourdissant de mon horloge qui passe et qui trône sur mon instrument fétiche. 

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16 janvier 2015

Si j'avais une baguette magique...

baguette magique

Consigne d'écriture : Si vous aviez une baguette magique, qu'en feriez-vous ?

Si j'avais une baguette magique ?

Serait-elle à utiliser pour "avoir" ou pour "être" ?

Quelle couleur et quelle forme pourrait-elle bien revêtir ?

Serait-elle longue avec une petite étoile scintillante à son extrémité ?

Aurait-elle ce fameux pouvoir de déterminer qui nous sommes à nos départs ?

Je crois que si j'avais une baguette magique, je ferais comme le Tom Bombadil de Tolkien et l'anneau : je le déposerai dans un écrin pour l'oublier parfaitement.

Car je n'ai pas soif de pouvoir et je ne suis pas maître de ces choses de l'ombre qui ne se changent pas.

Je préfère être magicienne de ma vie et ainsi paraître à ceux qui m'entourent comme un possible à évoluer.

Car cet objet, pour moi, que m'apporterait-il que je n'ai déjà ?

Ne me transformerait-il pas en une personne cupide et futile ?

Si j'avais une baguette magique, je la donnerai certainement à mes chats, car eux seuls sauraient s'en servir.

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Envie...

envie

Thème d'écriture : Sur l'envie, en intégrant les mots plaisir, sauver, nature, confiance, revenir.

 Etonnant !

Mardi soir, avant de venir ici, j'avais une phrase qui tournait en boucle dans ma tête : "je n'ai plus envie d'avoir envie..."

Pour moi, cette idée, somme toute compliquée, me révoltait.

Comment ai-je pu à ce point perdre ce désir de vivre à tout prix ?..., ce plaisir infini d'exister et de rayonner ?...

Dans la nuit qui a suivi, mes rêves ont été simples : ils le devaient. C'était tellement difficile que mon esprit accepte d'aller faire cette démarche. Renoncer à la résistance, prendre la volonté de me sauver... Moi ? Fuite ? Compassion enfin naissante ?

Et puis je me suis levée. Très tôt. Pour voir la nuit s'endormir, le jour revenir. Tout était calme ; mes chats peluches rigolaient de me voir déjà si active à cinq heure du matin.

J'ai bousculé cette nature bizarre qui m'habite depuis quelques temps et qui me guide sur des chemins que je ne comprends pas.

Perdu le sens, l'idée des intersections. Incapable de retrouver en moi ma confiance bienveillante.

J'ai pu arriver ici et j'ai posé tous mes bagages, tous, les bons comme les mauvais.

Maintenant je vais commencer le tri.

J'en ai vraiment envie.

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13 janvier 2015

L'heure...

horloge

Il est une heure.

Une heure de l'après-midi ?...

Une heure du matin ?...

Je ne sais plus...

Mais il n'est pas "zéro", car cela ne se dit pas : "Zéro heure du jour ou de la nuit !"

Un, c'est l'unité que l'on devrait conjuguer en une, d'ailleurs.

Cela rimerait presque avec solitude si le dé jeté apparaissait sous la face de la haine.

Je ne m'y résignerai pas encore, même après avoir brûlé tant d'allumettes pour vivre au devant de mes yeux avec les rêves les plus doux, pour croire qu'un ours en peluche, un poupon en tissu, pourront essuyer mes chagrins.

Je veux encore croire dans ce monde d'enfant où tous mes chemins étaient riches et espiègles, où d'un brin d'herbe j'en faisais un étendard à ma sensibilité. Je me cachais derrière un rien, comme un chat botté et je rejoignais à tout moment ce possible là à vivre.

J'en ai tricoté des écharpes pour un lapin lulu, un bébé minuscule, j'en ai inventé des maisonnettes qui accueillaient chacune de mes idées les plus fantaisistes.  J'en ai construit des jours à venir où même la nuit était une robe lumineuse.

pente raide

J'ai voltigé durant des siècles sur un présent qui est maintenant un passé bien rempli, dont je ne me désemplis pas.

Comme je voudrais oublier, fermer les yeux et ne regarder que ce qui est neuf, me tenir aux premiers instants de la journée en sachant que les derniers n'auront rien de dangereux, puisque les prochains reviendront au petit matin.

Car maintenant, j'ai peur. Peur de tout, d'un tout petit rien comme le propre battement de mon coeur, d'un grand tout comme ma propre vie, peur du tic-tac de mon horloge Pucca, que je dépose tous les soirs dans ma cuisine pour ne plus entendre le bruit assourdissant, me semble-t-il.

Je ferme les fenêtres et volets, pour me mettre à l'abris de moi-même, redoutant de parcourir à la pénombre mon balcon élevé. Je ne fais plus confiance à mon instinct qui pourrait décider en mon nom d'une autre destinée.

Je n'attends plus, tout en étant dans l'attente de la plus complète immobilité, pour qu'aucun de mes mouvements ne soient une menace, un risque à encourir.

Je suis à l'intérieur de mon corps qui a pris des allures de sarcophage, voire de pierre tombale. J'ai construit des murs et des murs de remparts qui ne sont malgré tout absolument pas imperméables puisque toujours offerte, sans limite, au pillage le plus transparent.

On m'a pris voire je me suis prise... Et plus ne m'est rien.

 

café lumière

Voilà... Il fallait que j'écrive cela. Comme une oraison funèbre qui ne sera pas à déclamer au devant de ma dernière demeure.

Car demain, je trouverai juste le courage nécessaire pour aller dans cet endroit où peut-être, des personnes me proposeront des soins adaptés, me mèneront vers un vrai chemin de guérison.

Le mal dont je souffre est assourdissant pour moi-même mais encore plus pour ceux qui m'entourent. Il n'est pas préhensible et en devient incompressible, sans doute ou serait-ce incompréhensible ? Il est dérangeant, sale et presque insultant. Renvoyant chacun à ses vices et ses travers, à son assistanat et sa malhonnêteté. Qu'il aurait fallu que je sois muette pour ne plus oser ainsi que mes mots ou maux soient aussi agressant, offusquant, belliqueux presque !

Je ne suis pas un monstre ou un diable.

Je suis la victime de ma douceur et de ma tendresse intime.

Qu'ai-je fait de si condamnable que de n'être disciplinée, conforme, attentive à tout individu qui vient dans ma sphère immense ?

Bien sûr, il m'a été toujours été très gratifiant de me voir comparée à la générosité même. Mais au final... Quelle gratitude envers moi-même m'accorder pour accepter enfin de renier ce passif si lourd, m'en détacher, m'en évader et n'en garder que le léger.

 

Je ne sais ce que sera mon demain, car je ne sais plus lire dans mes cartes le signe de l'espoir à être. Sans doute sont-elles toutes à couvert et qu'une main innocente viendra m'en dévoiler une.

Peut-être

Je n'espère rien.

Cela se passera, au milieu du temps immuable.

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11 octobre 2014

Mon bracelet de coeur

Bracelet_de_mon_coeur

Il me l'avait offert le soir du 14 février 2013.

Je ne savais pas encore qu'il y avait en moi une terrible maladie qui était en train de dévaster mon cerveau. Les médecins ont nommé cela plus tard : état de choc post traumatique.

Mais la trop "optimiste" que je suis, allait soigneusement ignorer cela encore pendant plusieurs mois.

Ce soir là, alors que nous aurions dû fêter notre amour, mon esprit ravagé avait adopté un fonctionnement qui est encore le mien actuellement, malheureusement, à beaucoup de reprises.

D. avait été effaré de mon comportement jusqu'à dire : "Mais je ne te reconnais plus, que t'arrive-t-il ?".

C'est le lendemain matin, en partant au travail, qu'une énorme locomotive style Orient Express avait surgi à un carrefour, m'imposant un arrêt brusque sous peine de rentrer en collision avec. Heureusement, il n'y avait personne d'autre que moi sur la route et j'avais pu continuer sans casse réelle.

En arrivant sur le parking du service, j'avais longuement appelé mon amie de toujours en lui criant dessus ma révolte contre l'incompréhension de mon Chéri. Patiemment, elle avait attendu que je lui raconte la veille puis m'avait suggéré : "Il est en train de t'aider, là, et tu ne peux le mesurer. Mais oui, il te protège car tu vas rentrer chez toi et tu vas te soigner".

Ce que je fis en fin de journée.

En descendant les escaliers du bâtiment, je m'étais fait cette réflexion très visionnaire : "Voilà. Je ne reviendrai plus ici. Et je m'apprête à rentrer dans mon intérieur, et dans un long, très long, tunnel noir, par la même occasion".

Puis les jours ont filé, avec les combats, les coups bats, les chutes et rechutes innombrables, les hallucinations toujours prégnantes, l'impossibilité de conduire pendant des mois et de sortir de mon petit appartement.

Au printemps de cette année, la reconnaissance a enfin eu lieu après moultes rebondissements et pertes de dossiers en tout genre : mais cela a été acté, écrit noir sur blanc, comme un retour à l'envoyeur.

Durant tous ces jours, le bracelet ne m'a pas quittée. Je ne voulais même pas qu'on me l'enlève lors de soins. C'était mon amulette, ma protection, mon lien, ma chaîne, mon emprisonnement consenti (peut-être ?).

Je pensais aussi que de le retirer serait jouer avec le monde des ombres et le laisser m'envahir à nouveau. C'était, pensais-je, comme une alliance que l'on s'échange à un mariage, le symbole de notre amour l'un envers l'autre.

Et puis...

Il y a quelques jours, avant ma douche, j'ai décidé d'ouvrir le fermoir et j'ai détaché les pierres précieuses. Je l'ai posé sur mon plus beau foulard pour le prendre en photo, mais je l'y ai laissé aussi soigneusement sur ma commode.

Je peux le voir à tout instant, le toucher à volonté, le contempler en douceur.

J'espère un jour le remettre à mon poignet, mais pour cela il faudra soit que j'apprenne à le faire par moi-même, soit qu'il m'y aide si je lui demande.

Je trouve que c'est un joli présage.

09 octobre 2014

Pour une chaussette perdue...

miroir

J’ai éclaté en sanglots après avoir fini de lire la lettre à haute voix.

Je n’étais plus là et complètement ici dans ce nouveau fauteuil qui épousait mes formes comme pour absorber ma chute.

J’ai baissé la tête, la sentant lourde comme une lune morte. Il n’y avait plus rien autour de moi, plus aucun son, plus aucune lumière, à peine le murmure discret d’une minuscule fillette qui pleure assise dans son lit en bois à la recherche de sa chaussette perdue.

Le terrible visage d’une sorcière mère la regardait avec un visage hideux, barbouillé de boue verdâtre.

Il était tellement plus doux de revenir dans les bras de la nounou qui soir après soir lui lisait les vieux pommes d’apis consignés dans un classeur rouge au format improbable de nos jours. La lumière blafarde du plafonnier aux chandelles imitées répandait son halot sur le papier peint Marie Antoinette.

Aucun rire ne venait de la chambre du fond. Frère et sœur devaient dormir, ou s’être cachés sous leurs draps pour s’estomper dans l’espace temps.

J’ai cherché des jours et des jours entre le matelas et la couverture où avait pu se glisser cette maudite chaussette, sans jamais m’avouer tout simplement qu’elle avait du rejoindre le linge sale et reprendre sa place auprès de sa jumelle. Ma mère me l’avoua bien des années plus tard, alors que j’avais depuis longtemps appris moi-même à ne pas dépareiller les paires de ces filles.

Puis, le temps m’a ramenée à nouveau aux 14 heures de ce jour. Dans les yeux qui me soutenaient, j’ai senti des larmes, des sourires, une force protectrice tellement intense. Puis j’ai entendu ces mots : « Extrême empathie des âmes ».

Lorsque nous avons parlé hier soir de la douleur, avec mon Tom, il a pris ce chemin d’esthète pour décrire celle psychique comme étant la plus destructrice, surtout lorsque la torture ne vous tue pas et que vous choisissez de résister pour en sortir vivant. C’est égal à la folie, m’a-t-il démontré. Et ce n’est pas un choix mais un instinct de survie poussé à l’infini qui pourrait bien être dicté par nos 85 % de cerveau inexploré de ses terres insoupçonnées.

Puis il m’a dit : « Je crois que Papi, comme F. fonctionnent de la même manière ; ils cherchent des explications à tout. Toi, à toutes les questions, tu t’efforces de trouver les réponses. N’as-tu jamais envisagé que certaines choses n’en ont pas et si malgré tout, elles en possèdent une, c’est pour qu’elle ne soit pas expliquée ? »

Ce soir, j’apprends à repousser les attaques des souvenirs, je me coupe de ma nostalgie, j’oublie tout ce qui peut réactiver ce sentiment de douceur et de bien être que l’on éprouve auprès de l’être aimé. J’anesthésie mon cerveau, je laisse l’amnésie s’emparer de moi.

Je me sauve de moi-même.

N.B. : J'entends déjà Domi me dire : "mais où vas-tu chercher toute cette eau de larme". Car qu'est-ce que je pleure en ce moment !

 

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05 octobre 2014

Aux portes de ma vie...

J’ai repris possession de ce blog lorsque j’ai écrit cette lettre à D.

Je savais que ce serait ma deuxième publication de l’année 2014. Elle l’est.

Ce que je dis, je le fais. Cela a toujours été ainsi.

Et puis, les jours passant, je sens que ma vie se dessine dans tous ces écrits commencés, conclus, inachevés, encore en gestation.

L’écriture m’offre toute cette énergie pour conter, mettre en scène les histoires de mon vécu, avec cette envie toujours intacte de partager, sachant être unique mais dans la multitude de tout ce qui est.

A cet instant, mon esprit est épuisé, fatigué, fragile et tellement encore près à se mettre en danger. Mais j’ai confiance.

De plus en plus. Enfin !

David___la_porte_de_ma_vie4

 

Quand je t’ai rencontré, j’ai trouvé une terre de vie.

Tu m’as reconnue et je t’ai reconnue.

Nous avons alors construit notre ensemble avec de l’amour, beaucoup d’amour.

Tu m’as rendue belle.

Je t’ai vu déjà si beau.

Je t’ai soutenu, accompagné, soigné dans ta maladie de dos, presque comme une mère. Mais tu as toujours su être mon Homme en continuant à me chérir, me séduire et en m’aimant profondément.

Puis j’ai pris mon envol vers une dure contrée qui était certainement le dernier chapitre de mon histoire à l’hôpital : les Archives.

J’ai redoublé d’intensité pour créer, monter un projet d’une envergure colossale que j’ai menée au bout de mes limites. Jusqu’au jour où un éclat s’est glissé dans mon intérieur profond, tellement opprimé que tout a volé en éclat. C’était un vendredi, le 8 février 2014.

Je suis alors entrée dans un long tunnel et j’en ai eu une telle conscience que je l’ai reniée jusqu’à cet été.

Car tout ce temps, tu as été là, protecteur, guérisseur, aimant, attentif, sécurisant.

Pourtant, tu menais toi-même un vol personnel pour concrétiser et montrer à tous ceux qui ne le voyaient pas qui tu es et quelle force t’habite. Un jury t’a dit t’avoir remis ton diplôme car tu le méritais ! C’est dire…

Au printemps de cette année, tu es revenu te poser dans notre nid. Je m’y étais installée un peu plus qu’avant pour vivre ma maladie ou me protéger d’elle vraisemblablement.

Alors tu as pensé, comme moi d’ailleurs, que tu pouvais travailler dans ce lieu. Et comme je sentais que je pouvais t’être utile et surtout que ton projet était génial, puisque tu l’es, je t’ai offert tout de moi pour que tu ais encore plus de ressources.

Mais je n’ai pas pris garde que tout doucement, sans même que ni l’un ni l’autre ne s’en aperçoive, mon espace, ma terre matérielle se réduisait inexorablement.

Je faisais de moins en moins de vélo car trop de choses autour, sur… Je passais de plus en plus de temps sur mon ordinateur.

Puis les enfants sont arrivés pour trois semaines auprès de leur mère, car cela est légitime.

Tout le balcon a été occupé par ton entreprise ; le salon était surchargé de cartons en même temps que l’entrée.

Il me restait la cuisine, ne pouvant même pas trouver un peu de calme dans la chambre où le bruit se trouvait pour moi devenu assourdissant.

La table de Vanessa m’a donnée quelques répits.

Mais avant elle, tu avais sans le vouloir fait à nouveau exploser ma faible carapace que je m’étais reconstruite durant ces 18 mois, en me bousculant ce matin d’août. Et là, l’ouverture s’est faite tellement plus grande qu’à l’initiale : elle a été béante et 48 ans de silence et d’oppression sont remontés à la surface…

Rien pour arrêter la vague déferlante.

En suivant, mon espace, ma terre de vie matérielle sont devenus de plus en plus minuscules. D’autant que mes enfants me regardaient terrorisés, de peur que je ne les abandonne comme l’a fait leur père depuis…

C’est mon instinct de survie mêlée à celui de mère qui a fait le reste.

Alors, je t’ai demandé de partir.

Oui, je t’ai chassé, je t’ai mis à la porte.

Mais en même temps, je me suis exilée de notre terre de cœur, celle que nous avons depuis que nous nous connaissons, te laissant seul, t’abandonnant, au risque que tu me déclares « déserteur ».

Et puis j’ai si peur qu’il t’arrive quelque chose et que je ne sois pas là pour te soutenir, que ton corps décide à ta place ou que ton cerveau te dicte la pire des choses. Je survivrais bien sûr si tu disparaissais, mais alors ce gouffre que j’entrevois parfois, deviendrait mon habitacle et la fin de ma terre promise.

Voilà pourquoi je souffre et je pleure tant.

C’est vrai que mes enfants sont à nouveau rassurés. Mais ils n’ont pas gagné pour autant. Car quel enfant serait victorieux de voir pleurer sa mère qui a choisi de se couper d’une partie de son cœur pour continuer à les élever ?

Aujourd’hui, la seule et énorme peur que j’ai, c’est de ne plus pouvoir revenir sur notre terre et que tu décides à jamais de fermer les frontières.

J’apprends tout doucement à vivre sur mon île et je la découvre aussi immense. C’est inquiétant mais c’est aussi nouveau et tellement riche de m’apercevoir que mon archipel est magnifique. Je veux te le montrer si tu l’acceptes.

Et j’espère de toute mon âme que tu me feras explorer le tien.

Nous pourrons alors retourner nous reposer sur notre terre intime et uniquement pour nous deux.

Le voudras-tu ?

 

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29 septembre 2014

De retour chez moi...

 rayon au travers des nuages

J’ai décidé de revenir ici.

Ce blog de la quarantaine, qui avançait jusqu’à l’atteindre, puis la dépasser, a bientôt presque dix ans. Je l’avais mis au monde le 31 octobre 2004. Je l’avais beaucoup nourri entre 2005 et 2008, parcourant un divorce, un cancer, un amour impossible.

Puis à la naissance de ma relation avec David, tout naturellement, je l’ai laissé s’endormir tranquillement, le réveillant à peine la première année de notre union.

Aujourd’hui, une nouvelle page s’ouvre sur mon existence puisqu’un chapitre de notre histoire, à lui, à moi, à nous quoi, David et Agnès, se termine.

J’abats un travail magnifique car je veux écrire la suite de notre livre, mais cela ne dépend pas que de moi ; il est nécessaire de le décider ensemble.

Car…

Il faut d’abord que je me soigne et que je guérisse.

Il faut que j’accepte de suivre mon chemin intérieur pour découvrir, apprendre, apprivoiser celle que je commence à réellement entrevoir et qui m’a terrorisée, moi et mon entourage d’ailleurs, pendant des décennies !

J’aurais pu choisir de continuer à élaborer le site du Petit Pot de Confiture, ce que je ferai bien entendu car son concept me plait tellement : écrire le souvenir puis la recette qu’il reflète. Comment mieux donner son amour que par la cuisine et la préparation de plats bienfaisants ?!

De même, le Blogoratoire de la rue Pasteur, ce site fourre-tout, me fatigue un peu : pas de cohérence ou trop. 

Je pense que tout simplement, le principe du site web, bien que je commence à en connaître un bout sur la question, c’est trop compliqué pour moi et je veux du simple. Pas du simpliste. Non ! Car le simple peut être fort complexe…

Tout ce que j’ai pu apprendre des CMS, du SEO, du référencement, tout ça, les astuces des titres, des liens porteurs, je vais m’en servir et l’utiliser dans ce que j’ai déjà construit et dans cet endroit où j’ai pu réaliser un ouvrage colossal sur moi grâce à l’écriture, qui est avant tout mon outil primordial d’expression avec le piano.

Bien entendu, je vais revenir amplement sur tous ces objectifs que j’ai définis et découvert, au fil de mes publications à venir.

Je ne sais encore si je serai prolixe ou au contraire en dilettante, peu importe puisque je suis ici et maintenant.

Bonne lecture à tous.

Y’a du boulot !

Mais aussi pour moi, j’ai du pain sur la planche à transcrire tout ce que j’ai gardé dans mon petit cerveau depuis des années.

De même, ne vous imprégnez pas trop des articles précédents, ils sont pour ainsi presque "sauvages", brutes, n’abordant que la partie visible de mon iceberg, souvent avec une teneur grise à la limite d’un blues collant et récurent. Normal, à l’époque, je tournais autour de ma cage sans vouloir y pénétrer.

C’est le soleil qui se lève sur moi que je vais traduire ici, avec les nuages qui le voilent de temps à autre, les orages et les saisons qui se déroulent, les nuits qui lui offrent tant de luminosité à chaque matin qui revient.

Et pour terminer, je souhaite que vous preniez autant de plaisir que j'en ai à mettre en musique toutes ces phrases.

 

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